Les promesses d'une offre large et de prix bas ne sont pas tenues par les grandes enseignes. C'est le constat de l'étude que publie UFC Que Choisir mardi 29 août 2017. L'association demande aux pouvoirs publics "que la transparence soit faites sur les prix et les marges nettes réalisées par produit et par enseigne, pour contribuer à une meilleure accessibilité du bio."


Le panier de fruits et légumes bio 79 % plus cher

L'étude révèle que le prix est un obstacle rédhibtoire pour 77 % des consommateurs. L'association a suivi les prix à l’expédition et en rayon pour un panier contenant 24 fruits et légumes, représentant en volume 88 % de la consommation globale de fruits et légumes en France. La différence de prix perçue par les consommateurs est largement confirmée : alors que le panier de produits conventionnels revient en moyenne pour un ménage français moyen (2,3 personnes) à  368 € sur une année, le panier bio atteint 660 €, soit un différentiel de prix de 292 € (+ 79 %).

Le surcoût agricole de 142 € ne permet d’expliquer qu’à peine la moitié (46 %) de la différence de prix payé par les consommateurs pour le bio. "La différence est donc à rechercher dans les niveaux de marges brutes de la grande distribution qui sont en moyenne deux fois plus élevées (+ 96 %) sur les produits bio que sur les produits conventionnels. 
Mais mis à part quelques produits de faible conservation ou sensibles aux manipulations (pêches et abricots par exemple), aucune explication claire ne permet de justifier une telle différence de marge brute pour des produits dont les conditions de commercialisation sont similaires aux produits conventionnels."


Une offre "indigente"

L’enquête réalisée par les bénévoles de l’UFC-Que Choisir dans 1 541 magasins met en lumière "l’indigence de l’offre pour les deux fruits et légumes frais privilégiés par les consommateurs : les tomates et les pommes. Dans près d’un cas sur deux (43 %), il est impossible de trouver à la fois des pommes et des tomates bio dans un même magasin. Pire, 23 % des magasins ne proposent aucun de ces deux produits en version bio. 
Concernant les pommes, seulement deux variétés sont proposées en moyenne en bio, contre 8 en conventionnel."

UFC Que Choisir demande à l’Observatoire de la formation des prix et des marges d’étudier la construction des prix en GMS des principaux produits d’agriculture biologique en publiant le niveau de marge nette réalisé pour chaque enseigne.