Le coup de sang d’Alain Chrétien contre Alain Joyandet

En direct sur France 3 Franche-Comté, Alain Chrétien n’a pas eu sa langue dans sa poche. Le maire de Vesoul, député sortant demande au sénateur Alain Joyandet de démissionner de son poste de Secrétaire départemental des Républicains en Haute-Saône.  

Par Isabelle Brunnarius

Hier soir, le député-maire de Vesoul ne décolèrait pas : si son parti Les Républicains ne s’est pas qualifié pour le second tour des législatives sur la 1ere circonscription de Haute-Saône, c’est à cause de la division de la droite.
Législatives 2017 Alain Chrétien au soir du premier tour


Dans ce secteur acquis à la droite depuis des générations ( c'est la circonscription de l'ancien ministre Christian Bergelin et de l'ancien président de Conseil régional Pierre Chantelat), Barbara Bessot-Ballot, candidate de La République en Marche, est arrivée en tête du premier tour des élections législatives avec 28,58% des suffrages devant la candidate du Front National Léonie Cugnot (FN) qui obtient quant à elle 19,27%.



La candidate Marie Breton, actuelle suppléante d’Alain Chrétien lors de son élection de 2012 n’a obtenu que 17,4% des voix. Juste derrière elle, en quatrième position, l’autre candidat LR Dimitri Doussot a, lui, totalisé 12.5% des voix. C’est lui qui avait l’investiture officielle du parti Les Républicains. Si l’on comptabilise les voix de ces deux candidats, la droite serait arrivée en tête avec plus de 29% des voix.
Petit retour en arrière : en avril dernier, nouvel épisode de la « guerre des Alain » : le député-maire sortant Alain Chrétien, touché par la loi sur le non-cumul, ne se représente pas. Il souhaite que sa suppléante, Marie Breton, le remplace au Palais Bourbon. Alain Joyandet lance alors une torpille en poussant la candidature de son attaché parlementaire Dimitri Doussot qui obtiendra finalement l’investiture officielle de son parti. Le camp Chrétien a maintenu sa candidature.

Pourquoi l’union des droites n’a-t-elle pas été possible ? Cette bataille peut se lire aussi sous l’angle d’une querelle idéologique. Dans son communiqué d’avril dernier, Alain Chrétien déclarait « Je n’ose imaginer que mon soutien à Bruno Le Maire soit à l’origine de cette sanction ». Le maire de Vesoul avait effectivement quitté l’équipe de campagne de François Fillon lors de la mise en examen du candidat à la présidentielle. Alain Joyandet, pro-Sarkozy, était, lui, resté fidèle au candidat investi par l’équipe de campagne. La vengeance est un plat qui se mange froid, surtout en politique. Depuis hier soir, le maire de Vesoul demande à Alain Joyandet de démissionner de son poste de secrétaire départemental des Républicains de Haute-Saône. 
Et voilà comment la droite a perdu une circonscription réputée imprenable. 






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