VIDEOS ► Morez : le lunetier Logo est placé en liquidation judiciaire

Morez : Logo ferme et après ?
160 emplois disparaissent dans la cité de la lunetterie avec la liquidation judiciaire de lunetier Logo. Avec des salariés et Laurent Petit maire (SE) de Morez. Reportage Claire Schaffner et Richard Négri.

Le tribunal de commerce de Lyon a prononcé ce matin la liquidation judiciaire immédiate du fabricant de lunettes basé à Morez dans le Jura. Il employait 160 personnes dans le Haut-Jura. Les salariés vont se retrouver au chômage. L'usine existait depuis 1896. 

Par Sophie Courageot

© Sebastien Bozon / AFP
© Sebastien Bozon / AFP

Les salariés s'attendaient à la liquidation. Une vingtaine d'entre eux ont fait le déplacement ce matin à Lyon. La semaine dernière, l'unique repreneur intéressé, le concurrent Cémo basé à Morbier avait retiré son offre. Il envisageait de reprendre 34 salariés. 
L'entreprise LOGO avait été placée en redressement judiciaire en mai 2015. Le Groupe LOGO réalisait 40 millions d'euros de chiffre d'affaires grâce aux produits LVMH (97% pour TAG Heuer et 3% pour Fred). En décembre 2015, le leader mondial du luxe a annoncé au lunetier jurassien qu'il lui retirait les licences de ses marques TAG Heuer et Fred, qui couraient jusqu'en 2017.

La société LOGO, qui emploie 160 salariés à Morez (Jura), une dizaine à Lyon et 230 à l'étranger (Indonésie, Etats-Unis, Italie), assurait depuis une vingtaine d'années la fabrication et la commercialisation des montures de ces lunettes haut de gamme. 

Le tribunal de commerce de Lyon prononce la liquidation du lunetier Logo
Les 170 salariés du lunetier du Jura vont se retrouver au chômage. Avec Laurie Lançon, Secrétaire du C.E. et Sébastien Mignottet, représentant des salariés. Reportage France 3 Rhône-Alpes.

Il y avait pourtant un repreneur potentiel


L'unique repreneur potentiel le lunetier Cémo proposait de reprendre 34 des 172 salariés, les brevets et le patrimoine, à la condition que la marque TAG Heuer, filiale de LVMH et principal client de LOGO, signe un contrat de licence avec son partenaire italien Safilo.
Mais selon le PDG de Cémo, Pierre Verrier, TAG Heuer a refusé de confier sa licence à ce partenaire italien, "pourtant très sérieux", qui est "l'un des cinq leaders mondiaux dans la distribution de lunettes". Verrier a donc annoncé mercredi le retrait de son offre.


"LVMH nous a condamné" accusent les salariés

Le groupe de luxe LVMH présidé par Bernard Arnault a indiqué à deux reprises dans un communiqué que "TAG Heuer n'est aucunement responsable de la situation actuelle de la société LOGO, mais a, bien au contraire, soutenu, autant qu'il était possible, cette société, qui gérait, il y a encore quelques années, près d'une dizaine de licences".

"Certaines décisions stratégiques de notre direction ont mis l'entreprise en difficulté, mais c'est LVMH qui nous a condamnés en refusant de signer avec Safilo, le partenaire de Cémo", accuse pourtant Sébastien Mignottet, représentant du personnel.
"La situation et l'avenir des salariés de LOGO ont été considérés avec un mépris total des puissants, LVMH et TAG Heuer, alors que les salariés ont montré une attitude constructive et la volonté de continuer à travailler avec eux", ajoute-t-il.
Selon lui, la fermeture de la dernière grande manufacture lunetière de France "symbolise un abandon du savoir-faire français et le déclin de l'industrie de la lunette".


Un savoir-faire qui disparaît du Haut-Jura

C'est dramatique et rageant d'assister à la disparition d'un tel savoir-faire et les sous-traitants qui travaillaient pour LOGO risquent aussi de se trouver en difficulté

renchérit le maire (SE) de Morez, Laurent Petit, qui craint pour l'avenir de cette industrie française née en 1796 dans la vallée morézienne.
Le nombre d'emplois liés au secteur dans la vallée est ainsi passé de 4.500 dans les années 80 à 1.600 environ en 2016.


Le lunetier Logo liquidé : la réaction du maire de Morez
Laurent Richard maire SE de la cité de la lunette craint qu'après Logo d'autres entreprises de la luneterie soit en difficulté. Interview : Claire Schaffner, Richard Négri.




A lire aussi

Sur le même sujet

Accident du travail chez Badoz à Pontarlier

Près de chez vous

Les + Lus