Les cosmétiques pour bébés sont-ils dangereux pour leur santé ?

L’association Women in Europe for a Common Future (WECF) dénonce la présence de substances chimiques potentiellement dangereuses ou allergènes dans les cosmétiques pour bébés. / © WECF
L’association Women in Europe for a Common Future (WECF) dénonce la présence de substances chimiques potentiellement dangereuses ou allergènes dans les cosmétiques pour bébés. / © WECF

Les shampoings, lotions, laits nettoyants, lingettes et autres cosmétiques utilisés pour les bébés comportent trop de substances chimiques potentiellement dangereuses ou allergènes, alerte l'ONG WECF dans une étude parue lundi 15 février 2016.

Par avec AFP


L’association Women in Europe for a Common Future (WECF) a passé au crible 341 produits cosmétiques pour bébés en juillet et août 2015. Il s’agit de produits vendus en France dans les pharmacies, parapharmacies, supermarchés et les magasins biologiques.

Cette ONG a classé les ingrédients qui composent ces produits selon trois catégories: "risque élevé", "risque modéré" et "risque faible ou non identifié".

Les résultats de cette enquête montrent qu'une large majorité de produits (299 sur 341) sont composés d'ingrédients à "risque élevé".

On retrouve 3 ingrédients à "risque élevé" 

  • un allergène par contact (la méthylisothiazolinone ou MIT) dans 19 produits, dont 7 lingettes
  • un conservateur soupçonné d'effets toxiques sur la reproduction (le phénoxyéthanol) dans 54 produits, dont 26 lingettes
  • des parfums dans 226 produits, "impliquant des risques potentiels d'allergies"
Dès décembre 2012, la Société française de dermatologie avait révélé que le MIT, conservateur très largement utilisé dans les cosmétiques en remplacement des parabens (eux-mêmes accusés d'être des perturbateurs endocriniens), entraînait un nombre croissant d'irritations et d'eczémas.

En septembre 2014, Bruxelles avait d'ailleurs imposé de réduire son usage sans toutefois l'interdire. Finalement, "seul le liniment ne présente aucune substance à risque élevé", a commenté Elisabeth Ruffinengo, responsable projets santé-environnement de WECF.

© AltoPress / Maxppp
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4 ingrédients classés à "risque modéré"

L'ONG a aussi retrouvé quatre ingrédients ou familles d'ingrédients classés à "risque modéré" dans 181 produits :
  • l'EDTA, un composé très présent dans les produits moussants (shampoings et bains)
  • des sulfates (laureth et lauryl sulfate), qui sont des agents moussants potentiellement irritants
  • des huiles minérales, issues de la chimie du pétrole, pouvant être contaminées par des impuretés
  • des nanoparticules, "dont les effets sont encore mal évalués".
L'EDTA a été retrouvé dans 87 produits, dont 30 lingettes ; les sulfates dans 50 produits (en grande majorité des produits pour le bain et des shampoings); les huiles minérales dans 30 produits (majoritairement des crèmes et lotions); enfin, les nanoparticules dans 14 produits solaires.

Les lingettes sont pointées du doigt

WECF demande "l'interdiction des trois ingrédients à risque élevé dans tous les cosmétiques destinés aux enfants de moins de trois ans".
"Il y a eu certes des progrès réalisés" dans la composition des cosmétiques pour bébés, souligne Mme Ruffinengo. "Mais le principe de précaution voudrait qu'on n'utilise pas des substances dont on sait qu'elles sont potentiellement dangereuses". Car la peau du bébé et du jeune enfant est particulièrement fragile. "Son pH est neutre durant les premières semaines et elle n'est pas encore protégée par le film hydrolipidique qui met les cellules à l'abri des influences extérieures. Elle est aussi plus perméable que celle de l'adulte, car les cellules de l'épiderme ne sont pas encore suffisamment soudées les unes aux autres", explique l'ONG.


En outre, chez le bébé, la zone du siège, souvent humide et chaude, est particulièrement sensible "car elle favorise l'absorption des substances par voie cutanée".
Or, l'étude montre que les ingrédients incriminés se retrouvent très souvent dans les lingettes. "C'est très inquiétant. Les lingettes sont très utilisées car elles sont pratiques, sans rinçage, transportables partout", relève Mme Ruffinengo.

En octobre 2013, l'association de consommateurs UFC-Que Choisir avait passé au ban d'essai 27 lingettes pour bébés et avait constaté que 94% des lingettes testées pourraient être nocives.


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