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Nièvre : la défaite de Christian Paul marque la fin d’une histoire à gauche

Le député de la Nièvre n’a pas réussi à conserver son siège de député qu’il détenait depuis 1997. Il a été battu par la vague macronienne et un novice en politique : Patrice Perrot. C’est une page qui se tourne dans ce département marqué par la droite depuis très longtemps. 

Par Muriel Bessard

C’est tout un symbole : Christian Paul était le dernier député socialiste de la Nièvre, qui fut longtemps un fief du PS. C’est le département de François Mitterrand. Aujourd’hui, avec cette défaite, c’est une page qui se tourne même si la page avait déjà été bien écornée avec le vote frontiste de plus en plus fort dans les territoires les plus ruraux du département de la Nièvre et l’érosion des voix pour les candidats de gauche au fil des élections locales.

Une carrière locale et nationale

Christian Paul a une carrière politique longue : maire de Lormes de 1995 à 2001 puis conseiller municipal de la commune, il est élu député en 1997 puis réélu régulièrement et confortablement depuis. En 2012, il avait frôlé l’élection au 1er tour de quelques voix ! En 1998, il est nommé rapporteur d’une commission d’enquête parlementaire sur l’utilisation des fonds publics corses après l’assassinat du préfet Erignac. Il a travaillé aussi sur des dossiers agricoles (l’élevage), liés à l’internet, l’espace rural, la santé, l’éducation… En 2000, il devient secrétaire d’Etat à l’Outremer dans le gouvernement Jospin, poste qu’il quitte après la démission du gouvernement et la réélection de Jacques Chirac à la présidence de la République.

Arnaud Montebourg et Christian Paul au Mont-Beuvray, le 15 mai 2016 / © MaxPPP
Arnaud Montebourg et Christian Paul au Mont-Beuvray, le 15 mai 2016 / © MaxPPP


Un homme engagé dans son parti

Il est membre du conseil national et du bureau national du PS. En 2002, il est un des fondateurs du Nouveau parti socialiste qu’il quitte avec Arnaud Montebourg fin 2005 pour adhérer ensuite au nouveau courant de Montebourg, « Rénover maintenant ». En 2014, il s’oppose aux mesures proposées par Manuel Valls, 1er Ministre de François Mitterrand, qu’il juge trop libérales : avec d’autres députés socialistes il lance le mouvement dit « des frondeurs ». En 2015, lors du congrès du PS, il est le 1er signataire de la motion « B », la motion des frondeurs qui ne sera pas retenue par les militants.


"La gauche ne meurt jamais"

Dans un communiqué publié depuis sa commune de Lormes, Christian Paul s’est exprimé sur sa défaite et « la défaillance démocratique » que constitue l’abstention massive de ces élections législatives.  Il a dit ne pas avoir d’amertume de quitter son siège de député « j’ai eu l’honneur de servir la France, et d’être utile à la Nièvre pendant vingt ans. Cette vie au service des autres et pour les idées de la gauche a été un combat honorable et passionnant. Je le poursuivrai autrement. La gauche ne meurt jamais. »
Il exprime toutefois son regret de ne pas avoir réussi à faire passer ses idées de « frondeur » et sa crainte d’une « grande illusion » que constitue la vague macronienne : « la vague de ce jour n’est pas celle du renouveau, mais d’un néo-libéralisme transpartisan ». «  Veillons surtout à ce que des contre-pouvoirs renaissent pour éviter la domination et l’arrogance d’un parti vainqueur dont l’appétit n’a guère de limites. » conclut-il.


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