Retour sur : ce que les consommateurs doivent savoir sur le vin bio !

Dans les années 1970, peu de consommateurs se souciaient de boire du vin bio, sans pesticides
Dans les années 1970, peu de consommateurs se souciaient de boire du vin bio, sans pesticides

La saison des vendanges est là et avec elle la promesse d’un nouveau millésime. A l’heure où la consommation bio prend de plus en d’importance, retour sur l’évolution de la viticulture biologique en Bourgogne, une conversion qui n’est pas si simple à accomplir.

Par Catherine Blaison avec France 3 Bourgogne

Hier

Boire du vin bio, sans pesticides, qui s’en souciait en 1977 ? En vérité, bien peu de consommateurs. L’utilisation de produits phytosanitaires était même plutôt encouragée, non seulement pour produire plus, mais aussi pour assurer aux consommateurs un vin standardisé d’une année sur l’autre.

Pourtant, déjà, certains viticulteurs préféraient aller à contre-courant. C’était le cas de Pierre Guillot, vigneron installé à Cruzille, en Saône-et-Loire. Il exposait clairement son choix, motivé par le respect des sols et pour une vinification sans artifice.


Reportage  d’Ambroise Perrin "La viticulture biologique à Cruzille" du 19 octobre 1977.

2015

Aujourd’hui, l’agriculture biologique, connaît un essor sans précédent et la demande des consommateurs ne cesse de croître.

Cela dit, selon l’Observatoire Régional de l’Agriculture Biologique en 2014, la Bourgogne comptait 2 418 hectares engagés en bio, soit 8% du vignoble seulement. (Il faut savoir cependant que tous les domaines bio de Bourgogne ne sont pas comptabilisés dans les statistiques.)

Pour faire du vin bio, il faut avant tout s’armer de courage. Voilà plusieurs années que la vigne est frappée par des maladies. Certains viticulteurs bio ont dû enfreindre la loi pour ne pas recourir aux traitements chimiques. Après Emmanuel Giboulot en 2014, c’est Thibault Ligier-Belair, un autre viticulteur bio en Côte d’Or, qui a été convoqué devant la justice en 2015. Les autorités lui reprochaient de ne pas avoir traité à l'insecticide une de ses parcelles contre la flavescence dorée et de mettre en danger la survie des vignobles voisins.

Bourgogne: un deuxième vigneron bio est poursuivi pour refus de traitement aux insecticides

Reportage à Nuits-Saint-Georges le 28 avril 2015, de Sylvain Bouillot, Damien Rabeisen et Patrick Jouanin, avec Thibault Ligier-Belair, viticulteur à Nuits-Saint-Georges et à Moulin.

2016

Cette année, les aléas climatiques du printemps - orages, grêle, inondation et gelée noire – ont donné lieu à une prolifération du mildiou dans certaines parcelles de vignes bio. 

Leurs propriétaires ont dû se résoudre à recourir aux traitements de synthèse pour éradiquer le champignon et sauver leur récolte. Conséquence : il leur faudra trois ans pour obtenir de nouveau la certification bio.

Dans l'Yonne, Thierry Richoux, viticulteur bio depuis 12 ans l’admet : "Le bio, ça se passe bien dans la majeure partie des cas, mais avec les conditions climatiques de cette année pour certaines parcelles, ce n’est pas impossible, mais c’est très très compliqué".

En Bourgogne, les viticulteurs bio peinent à lutter contre le mildiou
Face aux différents aléas climatiques subis ces derniers mois, les viticulteurs de l'Yonne tentent de sauver ce qu'ils peuvent de leur récolte. Notamment les viticulteurs convertis en bio. Conséquence de la grêle, des orages et des pluies abondantes, ils doivent faire face à un épisode de mildiou sans précédent. Certains mêmes sont prêts à un retour en traitement conventionnels quitte à perdre leur classification en bio. -Olivier De Moor, vigneron -Thierry Richoux, vigneron Agnès Boisson, technicienne viticulture à Biobourgogne - Yoann Etienne, Claude Heudes, Chantal Gavignet

Reportage à Courgis et Irancy le 29 juillet 2016 de Yoann Etienne, Claude Heudes et Chantal Gavignet 
Intervenants : Olivier de Moor et Thierry Richoux, viticulteurs bio, et Agnès Boisson, technicienne viticulture à BioBourgogne

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