Christophe Sirugue remplace Axelle Lemaire au secrétariat d’Etat au numérique

Le secrétaire d'État à l'industrie Christophe Sirugue est l'un des signataires d'une tribune parue ce jeudi dans Libération. / © MaxPPP
Le secrétaire d'État à l'industrie Christophe Sirugue est l'un des signataires d'une tribune parue ce jeudi dans Libération. / © MaxPPP

Axelle Lemaire, secrétaire d'Etat au Numérique, a annoncé lundi à Libération sa démission du gouvernement, pour se consacrer à la campagne présidentielle du socialiste Benoît Hamon, ainsi qu'à sa propre campagne pour les législatives.

Par Muriel Bessard

François Hollande a chargé, sur proposition du Premier ministre, le secrétaire d'Etat chargé de l'Industrie, le chalonnais, Christophe Sirugue d'assurer les fonctions jusque-là exercées par Axelle Lemaire, selon un communiqué de l'Elysée.

 


"Je dois faire un choix" explique Axelle Lemaire

(AFP) - "En toute transparence et en toute clarté: je quitte le gouvernement. (...) Je pense avoir rempli ma mission au gouvernement. Je serai désormais plus utile en dehors du gouvernement qu'à l'intérieur", explique Mme Lemaire, 42 ans, nommée dimanche responsable de la "mission innovations 2025" dans l'équipe de campagne de M. Hamon.

Concernant les législatives, "en 2012, lorsque j'ai été candidate sur cette circonscription (des Français en Grande-Bretagne et dans les pays scandinaves et baltes, NDLR), j'ai eu besoin de deux ans. Aujourd'hui, faire une campagne éclair alors que le moment, avec le Brexit, est historique, c'est impossible", fait-elle également valoir dans cet entretien mis en ligne lundi soir par Libération. "Par ailleurs, je suis mère de trois enfants en bas âge. Le dernier né lorsque j'étais en fonctions. Alors non, tout cela ce n'est pas compatible. Je dois faire un choix", ajoute-t-elle.

Mme Lemaire veut en outre contrecarrer le "scénario, qu'on nous dit joué d'avance, d'un second tour entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron". "Je rejoins Christiane Taubira lorsqu'elle fait le constat d'un déficit culturel de pensée à gauche. Pour moi, Benoît Hamon, parce qu'il a de l'humilité dans son approche, une ambition dans son projet et une authenticité, est le candidat capable de proposer ce projet alternatif de construction de l'avenir", ajoute-t-elle.

"Au gouvernement, j'ai fait le constat inquiétant de l'essoufflement de nos institutions démocratiques", indique Mme Lemaire, selon qui "notre pays est gouverné par 3.000 personnes qui détiennent les clés du pouvoir", des "élites politiques, administratives, économiques et médiatiques".

Elle retient toutefois de son passage au gouvernement "le plan « France très haut Débit », la French Tech, la grande école du numérique, la stratégie France intelligence artificielle, la loi pour une République numérique".

Elle regrette le fait que son secteur n'ait pas été érigé au rang de "priorité budgétaire". "Nous consacrons 2,2% de notre budget national à la recherche et développement. On est loin des pays les plus innovants du monde, dont les pays d'Europe du Nord, qui ont à la fois un niveau élevé de dépenses publiques et d'innovation", relève Mme Lemaire.

Avant sa nomination au gouvernement en avril 2014, cette binationale franco-canadienne avait été députée des Français de l'étranger et secrétaire nationale du PS aux droits de l'Homme. En début de soirée, l'Elysée a indiqué que le président de la République a "remercié Axelle Lemaire pour l'action accomplie au service du développement de la communauté française numérique et pour avoir permis la modernisation des règles applicables à la croissance des nouvelles technologies". "Avec les chantiers de la Grande Ecole du Numérique et de la couverture mobile du territoire, le gouvernement a également pu développer, sous son impulsion, de nouvelles politiques publiques destinées à rendre le numérique accessible à tous", selon le communiqué de la présidence.

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