Jean-Denys Choulet (Elan Chalon) : “On repart à zéro”

Faute de moyens,  le champion en titre, Chalon-sur-Saône a été "pillé" de ses meilleurs éléments et "repart à zéro", explique son entraîneur Jean-Denys Choulet, une situation également symptomatique du déficit d'attractivité de la ProA de basket.

Par Christophe Tarrisse

C'est ce vendredi 22 septembre que le championnat de Pro A reprend ses droits avec les débuts de la JDA Dijon face à Chalons-Reims. Des Dijonnais profonfement remaniés mais dont la préparation a laissé entrevoir de belles promesses. De son côté, le champion de France, l'Elan Chalon recevra samedi à 18h30, Pau-Orthez au Colisée. Le club de Saône-et-Loire a du tout reconstruire cet été, et après une préparation délicate conclue par une fessée au Match des Champions, l'entraîneur Jean-Denys Choulet demande du temps.

Comment Chalon-sur-Saône aborde la saison?

Jean-Denys Choulet : "On repart comme une équipe moyenne du championnat. Par rapport à la saison dernière, il ne me reste que deux joueurs. J'ai été pillé! On repart à zéro avec un budget qui se situe entre 6 et 8 (millions d'euros). J'ai été obligé de remplacer une recrue blessée (l'ailier Jevohn Shepherd par un ancien du club, Kris Joseph). Et nous sommes justement en pleine réflexion pour rééquilibrer notre effectif dans un domaine très important qui est la mène (NDLR : la recue américaine Adam Smith, bon scoreur mais assez individualiste risque d'être coupé ne donnant pas totale satisfaction). En tant que coach, je ne peux pas accepter de présenter ce que l'on présente actuellement. On court à la catastrophe."


A l'image de votre club, les effectifs en ProA sont souvent chamboulés d'une saison à l'autre. Que manque-t-il pour conserver une stabilité ?

Jean-Denys Choulet : "Des finances... Je vais prendre un exemple que je connais bien: le nôtre. A Chalon, on ne pouvait pas garder John Roberson en s'alignant sur le salaire qui lui est proposé à Villeurbanne. En partant en Turquie, Cameron Clark et Moustapha Fall ont eux multiplié par trois leur salaire qui était convenable chez nous. Je suis confronté à cela tout le temps... La saison passée, on a réalisé une performance exceptionnelle. C'est presque une anomalie pour nous. On ne peut pas recruter des cadors. On est obligé de faire des paris. Et il faut un peu de temps pour que cela se mette en route. Quand John Roberson est arrivé (NDLR: en 2015, en provenance du modeste championnat suédois), tout le monde rigolait. Deux ans après, les gens rigolent moins. Avec les joueurs recrutés cette année, il va falloir aussi du temps. Et lorsque l'on fait des paris, on n'est pas toujours gagnant."


Cela vous suffit-il d'être un dénicheur de talents?

Jean-Denys Choulet : "Je n'ai pas le choix. Si j'avais pu garder Moustapha Fall, Cameron Clark et John Roberson, en y ajoutant deux ou trois joueurs de valeur, on aurait pu être champions de France encore une fois. J'aurais voulu auparavant garder AJ Slaugher et Jason Rich... On fait des paris. On ne peut pas faire autrement. Pour refaire ce que l'on a fait cette année, il va falloir un travail énorme. On n'est pas du tout dans ce que j'attends dans la pré-saison."

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