Le massif du Morvan, au cœur de la Bourgogne, fut un des haut-lieu de la Résistance à l’occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. Plus de 70 ans après cette tragique page d’histoire, ils sont encore quelques-uns à pouvoir témoigner de leur combat face à l’ennemi. Qui étaient-ils ? Qu’ont-ils fait ? Aujourd'hui, comment parler de ce passé aux nouvelles générations ?

La ligne de démarcation

La ligne de démarcation délimitait la zone occupée par les Allemands au nord et la zone libre au sud.
Ce tracé arbitraire, qui passait à travers les villages, les champs et les bois, a coupé le département de Saône-et-Loire en deux entre 1940 et 1943.

Jeanine, âgée aujourd’hui de 83 ans, avait alors 7 ans et vivait à Saint-Vallier, à mi-chemin entre la zone occupée et la zone libre dite "zone nono" (c'est-à-dire non occupée). Elle nous raconte les premiers actes de résistance. Jacqueline se souvient notamment de sa mère, qui faisait passer des armes et des hommes de l’autre côté de la ligne de démarcation.

Le Morvan, haut-lieu de la Résistance en Bourgogne (1)
Plus de 70 ans après l’occupation allemande, ils sont encore quelques-uns à pouvoir témoigner de leur combat face à l’ennemi. Jeanine, âgée aujourd’hui de 83 ans, avait alors 7 ans et vivait à Saint Vallier, à mi-chemin entre la zone libre et la zone occupée. Elle nous raconte des actes de résistance.  - Fanny Borius, Sylvie Françoise, Samuel Verrier et Patrick Jouanin, Arnaud Tock et Marc Ploncard


Une cabane de maquisards du maquis Bernard a été reconstituée dans la forêt du Morvan. / © Fanny Borius
Une cabane de maquisards du maquis Bernard a été reconstituée dans la forêt du Morvan. / © Fanny Borius

 


A la suppression de la ligne de démarcation en 1943, la Résistance s’organise en Bourgogne. Les hommes fuient le Service du Travail Obligatoire et s’enfuient dans les maquis du Morvan. Cette région montagneuse est un refuge idéal pour tous ceux qui veulent continuer à lutter contre l’occupant. Les Allemands redoutaient cette forêt qu’ils ne maîtrisaient pas.

Le maquis Camille, le maquis de Chaumard, le maquis des fiottes...

A l’approche du Débarquement allié, on comptera jusqu’à 10 000 hommes répartis dans une trentaine de maquis. Le plus important d’entre eux était le maquis Bernard : installé d’abord en pleine Forêt Chenue, il a dû déménager suite à une dénonciation et s’est replié à Coeuzon, à Ouroux-en-Morvan. C’est là qu’une cabane, comme celles où vivaient les résistants, a été reconstituée.

Le Morvan, haut-lieu de la Résistance en Bourgogne (2)
A la suppression de la ligne de démarcation en 1943, la Résistance s’organise en Bourgogne. Les hommes fuient le Service du Travail Obligatoire et s’enfuient dans les maquis du Morvan. Cette région montagneuse est un refuge idéal pour tous ceux qui veulent continuer à lutter contre l’occupant. - Reportage de Fanny Borius, Sylvie Françoise, Samuel Verrier et Patrick Jouanin, Arnaud Tock et Marc Ploncard

 

Jean Jarlot, ancien résistant de Montchanin, en Saône-et-Loire, a été dénoncé et déporté dans des camps de concentration en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. / © Fanny Borius
Jean Jarlot, ancien résistant de Montchanin, en Saône-et-Loire, a été dénoncé et déporté dans des camps de concentration en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. / © Fanny Borius

 

Jean Jarlot, résistant et déporté



Jean Jarlot a 17 ans lorsqu’il entre en Résistance.  Il commet ses premiers actes de sabotage sur la ligne de chemin de fer entre Blanzy et Chagny.
Avec des camarades, et grâce à l’aide de cheminots, il opérait la nuit pour modifier les voies au passage des trains allemands et les faire dérailler.

Mais, Jean Jarlot est dénoncé et envoyé pendant près d’un an dans des camps de concentration en Allemagne, à Neuengamme puis Sachsenhausen, Falkensee. Il est l’un des rares résistants de Saône-et-Loire à être revenu de l'enfer nazi.


Il lui a fallu un demi-siècle avant de commencer à raconter ce douloureux passé.

Dans cet univers concentrationnaire il fallait tenir le coup moralement… J’avais la chance de ne pas avoir été séparé de mon frère… Cela a été un très grand réconfort.


Le Morvan, haut-lieu de la Résistance en Bourgogne (3)
Jean Jarlot a 17 ans lorsqu’il entre en Résistance. Il commet ses premiers actes de sabotage sur la ligne de chemin de fer entre Blanzy et Chagny. Avec des camarades, et grâce à l’aide de cheminots, il opérait la nuit pour modifier les voies au passage des trains allemands et les faire dérailler. - Reportage de Fanny Borius, Sylvie Françoise, Samuel Verrier et Patrick Jouanin, Arnaud Tock et Marc Ploncard



Dun-les-Places est un des villages martyrs de la Libération. En juin 1944, les Allemands ont massacré 27 personnes dans le village avant de quitter le Morvan. / © Fanny Borius
Dun-les-Places est un des villages martyrs de la Libération. En juin 1944, les Allemands ont massacré 27 personnes dans le village avant de quitter le Morvan. / © Fanny Borius

 

"Afin de ne jamais oublier"


Afin de ne jamais oublier, c’est le titre du livre que Jean Jarlot a écrit en compagnie de son frère, résistant comme lui. Aujourd’hui, Jean Jarlot témoigne auprès des jeunes dans les établissements scolaires.


Dans la forêt du Morvan, 21 lieux de mémoire retracent aussi l’histoire de la Résistance. 

Le devoir de mémoire, la transmission, c’est le travail quotidien du musée de la Résistance de Saint-Brisson. Inauguré le 26 juin 1983 par François Mitterrand, il est situé au sein de la Maison du Parc naturel régional du Morvan.

C’est aussi celui que veut effectuer le tout nouveau mémorial de Dun-les-Places qui ouvre ses portes samedi 7 mai 2016. Dans ce lieu, surnommé "l’Oradour du Morvan", 27 hommes ont été massacrés en juin 1944.

"Comment, 70 ans plus tard, peut-on analyser une barbarie et à quoi cela peut-il servir à l’avenir pour comprendre notre présent ?" Tel est l’objectif du devoir de mémoire.

Le Morvan, haut-lieu de la Résistance en Bourgogne (4)
Dans la forêt du Morvan 21 lieux de mémoire retracent l’histoire de la Résistance. Le devoir de mémoire, la transmission, c’est le travail quotidien du musée de la Résistance de Saint-Brisson. C’est aussi celui que veut effectuer le tout nouveau mémorial de Dun-les-Places, là où 27 hommes ont été massacrés en juin 1944. - Reportage de Fanny Borius, Sylvie Françoise, Samuel Verrier et Patrick Jouanin, Arnaud Tock et Marc Ploncard

"Dans les pas des résistants" est un feuilleton de Fanny Borius, Sylvie Françoise, Samuel Verrier et Patrick Jouanin, Arnaud Tock et Marc Ploncard.