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CAP21 dénonce les accords d’Areva pour développer le nucléaire au Japon

François Hollande vient de passer 3 jours au Japon. Il a signé une série d’accords pour développer le partenariat franco-japonais dans le nucléaire civil. Jean Rapenne, délégué de CAP21 en Bourgogne, s'insurge.

  • B.L.
  • Publié le , mis à jour le
L'intérieur de l'usine Areva de La Hague (novembre 2011) © Kenzo Tribouillard, AFP

© Kenzo Tribouillard, AFP L'intérieur de l'usine Areva de La Hague (novembre 2011)

Arnaud Montebourg dans la délégation française

Le chef de l'Etat était accompagné d'une quarantaine de patrons et de sept ministres. Il y avait notamment le Bourguignon Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, et Luc Oursel, président du directoire d’Areva.

"La France ne fait pas pression, en aucune façon" sur le Japon pour qu'il réactive ses centrales nucléaires, a assuré le président français lors d'une conférence de presse à Tokyo, samedi 8 juin 2013. "Quel que soit le choix du Japon, nous avons à coopérer pour plus de sûreté, pour avoir le plus haut niveau, pour qu'il n'y ait aucun doute sur la fiabilité des centrales", a affirmé François Hollande.

Coopérer pour démanteler les centrales

Pour le chef de l'Etat français, la coopération est aussi essentielle pour le démantèlement de centrales, ce qui devrait se matérialiser par la création d'une coentreprise entre le Français Areva et le Japonais Atox pour le démantèlement de la centrale nucléaire de Fukushima, ravagée par un séisme et un tsunami en mars 2011. "Notre industrie doit être à la pointe et elle l'est. Nous travaillons ensemble et chaque pays décide".

Le nucléaire français passera de 75% à 50% d'ici 2025

Le gouvernement nippon de droite de Shinzo Abe, qui est en place depuis six mois, a manifesté sa volonté de réactiver tous les réacteurs nucléaires qui seront jugés sûrs par l'autorité de régulation, indépendante du pouvoir exécutif.
Concernant la France, M. Hollande a assuré qu'il tiendrait ses engagements pour réduire la part de l'énergie d'origine nucléaire, dans le but passer de 75% à 50% dans la production d'électricité d'ici à 2025, à un rythme que le débat décidera.

CAP21 s’inquiète de la politique de François Hollande

Pour sa part, le parti écologiste CAP21 "regrette le soutien de la France au projet de développement du nucléaire du nouveau gouvernement conservateur japonais qui prône le redémarrage des réacteurs. Le gouvernement de centre-gauche sortant, et battu dans les urnes en décembre dernier, avait promis pour sa part d’abandonner l'énergie nucléaire d'ici à la fin des années 2030. CAP21 s’inquiète de la politique de promotion du nucléaire du gouvernement de François Hollande.

CAP21 dénonce cet accord qui montre l’absence de cohérence de la politique énergétique et de développement industriel à l’heure du débat sur la transition énergétique et l’absence d’éthique alors que des mesures d’impact sont en cours sur la santé de la catastrophe de Fukushima et démontrent la dangerosité du nucléaire", conclut le délégué de CAP21 en Bourgogne.

La filière nucléaire occupe une place importante dans l'économie bourguignonne : la région compte une centaine d'entreprises qui emploient plus de 12 000 personnes. Areva possède à elle seule deux sites en Bourgogne : tous deux sont situés en Saône-et-Loire, l'un au Creusot et l'autre à Saint-Rémy près de Chalon-sur-Saône.
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