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Le blé français, abimé par les intempéries, va manquer d'acheteurs

La récolte de blé 2014 a été gâchée par une conjugaison exceptionnelle de froid et de pluie. Cela a dégradé la qualité des grains, ce qui laisse aux producteurs français peu d'espoir de trouver des acheteurs sur le marché international.

  • B.L. avec l'AFP
  • Publié le 05/08/2014 | 12:56, mis à jour le 05/08/2014 | 12:56
En raison de l'humidité, les épis encore sur pied moisissent et noircissent.
En raison de l'humidité, les épis encore sur pied moisissent et noircissent.

Pourquoi la moisson 2014 est-elle exceptionnelle ?

L'enchaînement de ces deux phénomènes - froid et pluie- est "totalement inédit", affirme Germain Bour, directeur de la coopérative Cérépy dans l'Yonne. "Même des agriculteurs proches de la refaite n'ont jamais vu ça", dit-il. Conséquence : les deux tiers des récoltes de l’Yonne seraient déclassées. Autrement dit, le blé ne pourra pas être écoulé en meunerie et servira à nourrir les animaux.

Dans l'Yonne, Francis Letellier a perdu ainsi tous ses blés qui finiront en fourrage. Un manque à gagner qu'il estime à 14 000 euros par rapport à la commercialisation en blés meuniers. "Depuis 30 ans que je suis installé, c'est la première fois que ça m'arrive" assure-t-il. "On aura du mal à redresser la situation" reprend-il. "Il va manquer 150 à 200 euros/hectare dans les exploitations".
Le constat est le même en Côte d'Or, où les agriculteurs ont aussi souffert de la pluviométrie record du mois de juillet.

La Bourgogne est-elle la seule région sinistrée par les pluies ?

Tout un "grand croissant" (qui part de l'Est et l'Alsace-Lorraine vers la Franche-Comté et la Bourgogne, puis remonte vers le Centre) a été frappé. La situation est moins critique dans le quart nord-ouest et, en partie, en Aquitaine, dans le Midi-Pyrénées et le Poitou-Charentes "où la situation est assez variable" précise François Luguenot, analyste des marchés de la coopérative In Vivo, premier groupe coopératif français qui rassemble 241 coopératives adhérentes.

Quelles seront les conséquences pour les céréaliers ?

"Les producteurs devront faire un sacrifice sur les prix. On parle là de 40 euros par tonne", prévient François Luguenot.

Si le blé meunier se vend actuellement autour de 170 euros la tonne, le prix tombe à 120 euros pour le blé fourrager. Et même à ce prix le blé fourrager, est pour le moment trop cher pour les marchés traditionnels du Moyen-Orient, du Maghreb et de l'Afrique de l'ouest et même sur le marché français. D'autant qu'il se trouve en concurrence directe avec le maïs, dont les prix sont particulièrement attrayants cette saison avec des records entrevus aux Etats-Unis.

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