Si vous n'avez rien suivi au chantier de la LGV

Le chantier de la LGV au niveau de Cesson en juillet 2014. / © France 3
Le chantier de la LGV au niveau de Cesson en juillet 2014. / © France 3

La SNCF est partie à la conquête de l'ouest avec sa LGV, la fameuse ligne à grande vitesse qui fait rouler des trains à 300 km/h et doit relier Paris à Rennes en 1 h 26 et Paris à Brest en 3 h. Après les déviations et ralentissements sur les lignes ferroviaires depuis 2011, où en est le chantier ?

Par Leïla Marchand

C'est quoi déjà cette LGV ?

Une ligne à grande vitesse (LGV) est une ligne ferroviaire qui permet aux TGV de rouler au-dessus de 220 km/h. Et ce type de ligne n'existe pas encore en Bretagne. Le projet de LGV Bretagne - Pays de la Loire est le prolongement de la LGV Paris-Le Mans. Une nouvelle ligne de 180 km doit être réalisée entre Le Mans (à Connerré, précisément) et Rennes.
Lancée dans le cadre "Bretagne à Grande Vitesse", ce projet de LGV (déclaré d'utilité publique en 2007) sera accompagné d'une modernisation des lignes du maillage régional, surtout les lignes rejoignant Brest et Quimper. 

Le tracé de la LGV entre Le Mans et Rennes et les communes concernées. / ©
Le tracé de la LGV entre Le Mans et Rennes et les communes concernées. / ©

Qu'est ce q​ue ça va c​h​anger ?

Un gain de 37 minutes entre Paris et Rennes est attendu grâce à cette ligne : le temps de voyage en TGV sera réduit à 1 heure 26. Les parcours vers les gares plus proches seront eux aussi réduits : au départ de Rennes, on gagnera 22 minutes sur les liaisons avec Laval et 8 minutes sur les liaisole point ns avec Angers ou Nantes.
De nombreuses gares seront réaménagées en Bretagne, permettant une meilleure desserte de la région. A terme, le trajet entre Paris et Brest passera de 4 heures 30 à 3 heures.

Où en est le chantier ?​

Le calendrier est assez serré. Le tracé a été validé en 2007. Les études, le partenariat financier et la poursuite des acquisitions foncières (acheter les terrains le long du tracé) ont été conclus entre 2008 et 2010. La société Eiffage Rail Express (ERE), chargée de la construction, a entamé le chantier en 2010.

Depuis, les tronçons se sont construits un à un. Ce vendredi, Jacques Rapoport, président de Réseau Ferré de France et Pierre Berger, PDG d’Eiffage et l’ensemble des co-financeurs, ont marqué l’achèvement des travaux de la tranchée couverte et du "saut de mouton" de Cesson-Sévigné
Les travaux de modernisation se poursuivent sur les lignes Rennes/Brest et Rennes/Quimper. La mise en service est prévue pour 2017.

Pourquoi la Bretagne en a besoin ?

En tant que péninsule, la Bretagne souffre d'un certain enclavement. Le développement de ses agglomérations et des activités dans le tourisme, l'agriculture, l'industrie agroalimentaire, exigent un bon réseau de transports. 
En 1969, le premier grand pas dans ce sens a été le "plan routier breton" : les routes sont passées à quatre voies (tout en restant gratuites). 
C'est seulement en 1989 que les choses avancent du côté ferroviaire avec l'inauguration de la LGV Atlantique, celle qui relie Paris au Mans. Depuis, plus rien. En 2014, Brest et Quimper restent encore à plus de quatre heures de Paris. 

Qui paye ?

Les subventions européennes s'élèvent à 11 millions d'euros. Ensuite, c'est l'Etat, les collectivités et RFF qui se départagent le coût restant de 3,4 milliards.

 

Retrouvez le reportage sur site ce vendredi 25/07/2014 de notre équipe Catherine Jauneau et Thierry Bouilly :

Intervenants du reportage :
- Patrick Leweurs, directeur projet Ligne Grande Vitesse Bretagne / Pays-de-la-Loire
- Pierrick Massiot, Président Conseil Régional Bretagne

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