La Bretagne compte près de 620 000 élèves, 125 000 étudiants, 47 605 enseignants... L'académie a l'un des meilleurs taux de réussite au Bac depuis des années. Est-ce suffisant pour justifier ce dynamisme qui n'a pas son pareil, autour du livre? Voyez ce nombre impressionnant de médiathèques, de librairies, d'éditeurs et d'écrivains en Bretagne, nous sommes allés à la rencontre de ces passionnés.

Saviez-vous que la Bretagne compte plus de 1000 bibliothèques sur son territoire?

La Bretagne est dotée d’un réseau de lecture publique impressionnant. Il y a 1000 bibliothèques sur l’ensemble du territoire. Des grandes médiathèques flambant neuves qui trônent en plein cœur de ville, comme à Brest, Quimper… aux toutes petites bibliothèques rurales qui animent le centre de certains bourgs.

Presque toutes reçoivent des aides municipales pour permettre de salarier des bibliothécaires ou tout simplement de renouveler les fonds.
Dans les Côtes d’Armor, il existe encore un système d’échange de livres via le bibliobus, financé par le Conseil départemental.

Ce lundi du mois de septembre, il est passé à Goudelin. Le camion est arrivé plein de livres et de BD. Bras chargés, les allers et retours entre le bibliobus et la structure municipale s'enchaînent. Les bénévoles de la Bibliothèque de Goudelin, vont pouvoir emprunter près de 300 ouvrages.

La bibliothèque ambulante des Côtes d'Armor


Ces structures municipales et communales vivent grâce au dynamisme des équipes de salariés ou de bénévoles. Beaucoup d’actions sont menées pour amener la lecture aux habitants. Et les idées ne manquent pas. A Brest, par exemple, depuis cet été, un drôle de triporteur se promène dans les quartiers. Une invention géniale, sorte de bibliothèque ambulante où l’on peut lire dans des hamacs, c’est le bibliambule. L'idée est de rechercher de nouveaux moyens d’attirer du monde à la lecture. L'engin est sorti de l’imagination de deux designeuses parisiennes, les Z’Ambules. Ce triporteur de 140 kg peut transporter entre 40 et 50 kg de bouquins.

Installez-vous dans un hamac, prenez un livre, ça va bien se passer. Vous êtes dans le bibliambule à Brest / © S.Salliou
Installez-vous dans un hamac, prenez un livre, ça va bien se passer. Vous êtes dans le bibliambule à Brest / © S.Salliou





Savez-vous qu'il y a plus de 145 librairies indépendantes, sans compter les grandes surfaces culturelles?

Côté librairies, les Bretons ont le choix. On compte 145 librairies indépendantes dans la région. Au cours de ces dernières années, plusieurs ont mis la clé sous la porte. Elles souffrent de la concurrence d’Internet et des grandes surfaces culturelles.

Mais certaines ont pignon sur rue, depuis plusieurs décennies, c’est le cas de Ravy à Quimper, Cheminant à Vannes ou encore Le Failler à Rennes. D'autres viennent d'ouvrir et c’est toujours une bonne nouvelle. 

Nous avons poussé les portes de la dernière née à Rennes, la Nuit des temps, tenues par deux jeunes passionnées, Ayla Saura et Solveig Touzé. Depuis 2013, Rennes n’avait pas vu l’ouverture de nouvelles enseignes dans le domaine. La Nuit des temps a ouvert en août 2017. Généraliste, la librairie a deux thématiques fortes : l’écologie et le féminisme.

Librairies, cafés-librairies, la Bretagne à la page


C’est aussi une spécialité bretonne, les cafés librairies. Il y en a 19 dans la région. La première, Le Caplan, a ouvert ses portes en 1993 à Guimaëc dans le Finistère Nord. Depuis, d’autres ont emboîté le pas. Nous vous proposons d’entrer dans l’univers de l’une d’entre elles, Livres in Room à Saint-Pol-de-Léon. L’atmosphère invite au voyage et à la détente.

La Librairie de St Pol de Léon, Livres in Room est un havre de paix / © S.Salliou
La Librairie de St Pol de Léon, Livres in Room est un havre de paix / © S.Salliou



La Bretagne, la deuxième région où vivent le plus d'éditeurs

La Bretagne compte 78 maisons d'éditions. Après le 6ème arrondissement de Paris, c'est la deuxième région de France, où il y a le plus d'éditeurs.

On ne va pas se mentir, les difficultés économiques sont parfois réelles, mais la diversité de l'offre dynamise cette activité.
Parmi ces maisons d'éditions bretonnes, il y en a une qui fait office de vaisseau amiral. Coop Breizh, créée en 1957, nous avons poussé ses portes à Spézet, dans le Centre Bretagne.

Coop Breizh va fêter ses 60 ans / © S.Salliou
Coop Breizh va fêter ses 60 ans / © S.Salliou

Charles Kermarrec est connu comme le loup blanc dans le monde des livres en Bretagne. Il a fondé, avec sa sœur, il y a plus de 40 ans, la librairie Dialogues, l’une des 3 plus grandes librairies indépendantes de France.

En 2010, il s’est aussi lancé dans l’édition. Cette même année, où il a édité le livre d’Irène Frachon sur le scandale du Médiator. Aujourd’hui, c’est un homme heureux. Enfin, il le serait plus si le monde de l’édition se portait mieux, si la voix des éditeurs de province se faisait entendre davantage à Paris.

La Coop Breizh, pionnière des maisons d'édition en Bretagne

 

La Bretagne, terre du romantisme a aussi engendré des écrivains majeurs

Ernest Renan, Louis Guilloux, Xavier Grall, Pierre-Jakez Hélias, Benoite Groult, Chateaubriand, Mona Ozouf, Tanguy Viel, Le Clézio, Irène Frain, Yann Quéffelec, voici quelques noms d'écrivains bretons, qui ont marqué la littérature française...

A ce jour, selon les critères établis par Livre et lecture en Bretagne, il y a près de 600 auteurs en Bretagne et 150 illustrateurs et dessinateurs. Nous en avons rencontré un, Yann Le Gat, il est moins connu.

Ce professeur est écrivain à Brest. Il va bientôt sortir un livre sur Brest, destiné aux enfants.

D’autres aimeraient pouvoir publier leurs oeuvres. Mais le parcours est difficile. Est-ce une vocation ? Y a-t-il une formation ? Une technique ? Nous avons assisté à un stage d’écriture, organisée par Natacha Sels. Ces apprentis écrivains vont passer une semaine ensemble, un stylo à la main. Ils vont être bousculés dans leur habitude d'écriture en solo.

Tous voudraient pouvoir sortir de cette idée franco française, comme quoi écrire serait réservé à quelques grands noms de la littérature. 

Dans l'intimité d'un atelier d'écriture
Pour elles, l'écriture n'est pas réservée à quelques grands écrivains. le temps d'un stage, elles vont mettre le pied à l'étrier pour écrire, ensuite, qui une nouvelle, qui un roman. Pour être publiées, ou tout simplement pour soi.

Les stages d'écriture ont un petit succès en France, mais rien à voir avec ce qui se passe Outre Atlantique, où l'idée d'apprendre à écrire est aussi banalisée que celle d'apprendre à peindre, dessiner ou chanter.