“Jusqu'à ce matin, je n'étais pas sûr de partir” déclare Loup Bureau à son arrivée à Paris

Le journaliste Loup Bureau , avec son père, à son arrivée à l'aéroport Roissy-Charles après son expulsion de Turquie -17/09/2017 / © AFP - G. Van Hasselt
Le journaliste Loup Bureau , avec son père, à son arrivée à l'aéroport Roissy-Charles après son expulsion de Turquie -17/09/2017 / © AFP - G. Van Hasselt

Embrassades et accolades avec sa famille: le journaliste Loup Bureau est arrivé en France ce dimanche matin, enfin libre après, avoir été expulsé de Turquie à l'issue de plus de 50 jours de détention. Il s'est dit "très soulagé".

Par T.P. avec AFP

Dès son arrivée, le jeune reporter a été transporté du tarmac au pavillon d'honneur de Roissy CGD en minibus. Sa famille, sa petite amie et la ministre de la Culture Françoise Nyssen sont sorties pour l'accueillir. Son avion s'était posé à 8h45.

A son arrivée, Loup Bureau s'est entretenu avec Emmanuel Macron par téléphone. A son départ d'Istanbul, les autorités aéroportuaires avaient fait embarquer Loup Bureau "directement sur le tarmac, pour éviter tout contact avec les médias", selon Reporters sans frontières qui a fait campagne pour sa libération.

"Très soulagé"

Loup Bureau s'est dit "très soulagé d'être revenu" en France et "très fatigué", dans ses premières déclarations à la presse

"Je suis très fatigué mais très content d'être là", a-t-il dit, ajoutant qu'il avait été "jusqu'au bout dans l'incertitude de pouvoir partir".

"A partir du moment où le président de la République a demandé ma libération, il y a eu un changement. Les gardiens ont commencé à comprendre que je n'étais pas un terroriste, que ce qu'on me reprochait n'était pas forcément vrai."

Le journaliste Loup Bureau à son arrivée en France
L'avion transportant Loup Bureau, expulsé de Turquie après 51 jours de détention, a atterri à Roissy dimanche 17 septembre. "Je me sens très soulagé. Jusqu'à ce matin, je n'étais pas sûr de partir", a déclaré le journaliste français. Il a raconté en quelques phrases sa détention, sans trop de détails. - France Télévisions

La libération de Loup Bureau, incarcéré à Sirnak, ville du sud-est de la Turquie, avait été annoncée vendredi.

Le père du reporter, Loïc Bureau, installé près de Nantes, est revenu légèrement sur les conditions de la détention de son fils.

Père du journaliste Loup Bureau
Loic Bureau revient sur les conditions de la détention et de la libération de son fils Loup, à son arrivée de la Turquie

Cette libération est intervenue dans la foulée d'une visite du chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian à Ankara qui l'avait qualifiée de "grand soulagement".

Fin août le président français avait demandé sa "libération rapide" à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan. Interrogé sur une éventuelle contrepartie à cette libération, l'avocat de Loup Bureau, Martin Pradel avait déclaré samedi: "Je n'ai aucune raison de le penser". "Simplement faire comprendre aux autorités turques tout le tort qu'elles se faisaient en persistant à emprisonner un journaliste français (...) a pu être suffisant", avait-il dit.

Emprisonné depuis le 1er août

Loup Bureau, jeune journaliste formé à l'IUT de Lannion (Côtes d'Armor), avait été interpellé le 26 juillet à la frontière entre l'Irak et la Turquie, après la découverte en sa possession de photos le montrant en compagnie de combattants kurdes syriens des YPG (mouvement considéré comme une émanation du PKK et donc comme "terroriste" par Ankara). Ces images datent, selon sa défense, d'un reportage sur les conditions de vie des populations syriennes réalisé en 2013 et diffusé sur TV5 Monde.

Il avait été placé en détention provisoire le 1er août pour soupçon d'appartenance à "une organisation terroriste armée".


Risque de condamnation

"Tout a basculé au milieu de la semaine dernière avec l'acte d'accusation et la fixation d'une audience", avait expliqué son avocat Martin Pradel, le dossier étant alors transféré à un juge. "Le juge a immédiatement voulu recevoir Loup et a immédiatement statué sur la question de sa libération, alors que par ailleurs l'enquête se poursuit", avait ajouté l'avocat.

Loup Bureau "a toujours au-dessus de lui un risque de condamnation, une condamnation extrêmement grave puisque cela voudrait dire que Loup est un terroriste", avait rappelé son avocat.

La Turquie occupe la 155e place sur 180 au classement 2017 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, une situation qui s'est particulièrement dégradée depuis le coup d'Etat raté de juillet 2016. Quelque 170 journalistes sont détenus dans le pays, selon le site spécialisé P24. Les journalistes turcs sont de loin les plus touchés, mais leurs confrères étrangers ne sont pas épargnés.

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