Attentat Barcelone : un Briochin témoigne de sa difficulté à joindre le numéro d'urgence

Personnes escortées par la police après l'attentat à la camionnette à Barcelone - 17/08/2017 / © AFP - P. Barrena
Personnes escortées par la police après l'attentat à la camionnette à Barcelone - 17/08/2017 / © AFP - P. Barrena

Au lendemain de l'attentat à Barcelone, un Briochin ne cache pas sa colère sur les difficultés rencontrées pour joindre le numéro d'urgence mis en place par le ministère des Affaires étrangères. Il cherchait des renseignements pour aider sa fille qui a connu de près l'attaque à la camionnette.

Par Thierry Peigné

Yann Beauchard est dans tous ses états ce vendredi matin. En découvrant un SMS de sa fille Zoé, cet habitant de Saint-Brieuc apprend qu'elle a échappé de près à l'attentat à la camionnette qui a fait 13 morts et une centaine de blessés ce jeudi à Barcelone. Aussitôt le SMS lu, peu avant 9h, il rentre en contact téléphonique avec sa fille.

Sur les Ramblas cinq minutes avant l'attaque 

Elle lui raconte alors comment elle aurait pu se trouver sur les Ramblas de Barcelone au moment de la course meurtrière de la camionnette. Cinq minutes avant l'attaque, cette jeune fille de 18 ans se trouvait avec deux copines sur cette artère très touristique de la capitale catalane. Les trois amies décident d'aller manger dans une rue parallèle lorsque cinq minutes plus tard, elles entendent une détonation. Elles se rendent aussitôt sur les Ramblas et découvre le ballet des voitures de police sirènes hurlantes et les gens paniqués courant dans tous les sens. Elles se réfugient alors dans un magasin et resteront accroupies et apeurées durant 45 minutes. "Elles n'en sont sorties, de même que la vingtaine de personnes avec laquelle elles s'étaient réfugiées, que sur ordre des policiers qui leur ont demandées de sortir deux par deux, les mains sur la tête" nous raconte ému et énervé à la fois ce père de famille. 

Devant le stress dans lequel se trouve sa fille très choquée par toutes les scènes marquantes qu'elle a vécues, Yann Beauchard décide alors de joindre rapidement le numéro d'urgence mis en place par le ministère des Affaires étrangères, le 01.43.17.51.00

 

Un long silence au bout du fil

Dès 9h30, le Briochin tente d'appeler plusieurs fois le numéro d'urgence. A chaque fois il tombe sur une sonnerie puis ... rien, si ce n'est un silence, un trop long silence pour quelqu'un qui est pressé d'avoir des renseignements sur les cellules psychologiques en place vers lesquelles il voudrait orienter sa fille fortement troublée.

A plusieurs reprises, à des intervalles réguliers, il essaye de joindre ce numéro, mais en vain. En milieu de matinée, il prend contact avec notre rédaction pour nous faire part de son incompréhension, se disant "écoeuré de cette situation face à laquelle il se trouve complètement impuissant et avec la boule au ventre".

Suite à son appel, nous réalisons également plusieurs essais avec plusieurs téléphones et smarthones. Là aussi, pas de réponse. Nous prenons donc contact vers 11h30 avec le quai d'Orsay pour essayer de comprendre pourquoi le numéro d'urgence sonne dans le vide. L'essai que le service du ministère joint réalise lui-même n'aboutit pas non plus. Devant ce dysfonctionnement manifeste, le service nous précise qu'elle va alerter de la situation afin de faire le nécessaire. Il nous demande également les coordonnées de Yann Beauchard pour qu'il soit contacté par la cellule de crise.

Dans un communiqué ce vendredi matin, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, précisait que la cellule de crise mise en place pour "faire le point sur la sécurité de nos compatriotes à Barcelone et de répondre à leurs proches" a été mobilisée "toute la nuit" et a reçu "jusqu’à présent plus de 3 200 appels". "La cellule demeure ouverte et la réponse téléphonique est maintenue" indiquait également le communiqué. Jean-Yves Le Drian se rend ce vendredi après-midi au chevet des victimes françaises à Barcelone.

Contact à 13h30

Ce n'est qu'à 13h30, que Yann Beauchard a réussi, en insistant de nouveau, a avoir quelqu'un au bout du fil. Une bénévole de la Croix-Rouge (qui participe au dispositif de crise) a pris ses coordonnées ainsi que celle de sa fille. Elle l'a rappelé quelques minutes plus tard pour lui donner un numéro de téléphone à joindre par sa fille pour qu'elle soit prise en charge à Barcelone.

Le ministère nous a rappelé vers 14h pour nous préciser que "cet incident était le seul qui leur avait été rapporté" et "qu'une équipe technique cherchait à résoudre le problème". Notre correspondant a précisé que la cellule de crise continuait de traiter de très nombreux appels affluant sur la ligne. 

Pour Yann Beauchard, ce contact aura malheureusement mis quatre heures à arriver. Un délai trop long pour un père inquiet. 
 

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