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Dauphin échoué et mutilé à Douarnenez : Sea Shepherd contre pêcheurs bretons

L'histoire commence par la découverte d'un dauphin mutilé échoué sur une plage de Douarnenez le 22 février dernier. Depuis, l'ONG Sea Shepherd a porté plainte contre X, et pointé les pêcheurs bretons, susceptibles d'en avoir prélevé la chair. La réponse du comité des pêches n'a pas tardé.

  • Par Krystell Veillard
  • Publié le , mis à jour le
© Sea Shepherd

© Sea Shepherd

Après la découverte d'un jeune dauphin mutilé, échoué sur la plage de Trezmalaouen, dans la baie de Douarnenez à la fin de ce mois de février, l'organisation non gouvernementale créée par Paul Watson en 1977, Sea Shepherd ("Berger de la mer"), avait pointé assez précisément les pêcheurs bretons sur sa page Facebook. Il faut rappeler que Sea Shepherd se bat depuis les années 70 pour la défense des requins, dauphins et autres baleines, des espèces qui sont protégées.

Le post facebook de Sea Shepherd accusant les pêcheurs bretons

Le post Facebook de Sea Shepherd qui a mis le feu aux poudres

Le post Facebook de Sea Shepherd qui a mis le feu aux poudres


Sea Shepherd en ciblant les pêcheurs bretons, les accusait en particulier de mutiler les cétacés dans le but de manger leur chair.

La réponse des pêcheurs 


Evidemment les commentaires ont afflué sur la toile et les pêcheurs ont réagi, publiant une réponse, qui commence par présenter une ONG, naviguant "en eaux troubles pour défendre ceux qui sont sans défense contre ceux qui sont sans scrupules". Cette affaire de dauphin a conduit cette ONG "à porter des accusations graves et sans fondement à l'encontre des marins pêcheurs professionnels".
Le comité départemental des pêcheurs du Finistère poursuit ainsi : "Bien que disposant "d'informations invérifiables jusqu'ici" selon ses propres dires, celle-ci n'a pas hésité à jeter le discrédit sur une activité historique de la Cornouaille et sur ses acteurs."
Selon les pêcheurs, les mutilations n'ont pu être causées qu'une fois l'animal échoué. Aussi, si nous condamnons bien évidemment cet acte, ceci nous conduit à considérer que ces mutilations ne peuvent avoir été opérées qu'une fois l'animal déjà échoué.

Sea Shepherd a déposé une plainte contre X


En réaction l'ONG a déposé une plainte contre X, le Procureur de la République sera donc saisi et une enquête devrait être ouverte. Sea Shepherd annonce encore offrir "une récompense de 2000 euros à quiconque aiderait les autorités compétentes à appréhender les coupables, dans cette affaire mais aussi dans les éventuels cas futurs."
L'affaire n'est donc pas terminée.









Dauphin mutilé en Bretagne : la réponse de Sea Shepherd au Comité départemental des Pêches du Finistère

Le Comité départemental des pêches du Finistère s’est offusqué dans un récent article* que nous ayons osé accuser des pêcheurs d’avoir mutilé le dauphin retrouvé sur la plage de Douarnenez pour le manger.
S’il s’agit plus vraisemblablement de pêcheurs pélagiques que de pêcheurs à la bolinche sur ce cas précis, les uns comme les autres, en pêchant les poissons dont se nourrissent les dauphins avec des méthodes plus ou moins sélectives capturent des dauphins dans leurs filets, et si ça n’est heureusement pas le cas de tous, certains ont pris gout à leur chair. Cette réputation de mangeurs de dauphins que se trainent “nos” pêcheurs s’étend jusqu’outre manche où les britanniques accusent dans les médias “les pêcheurs français de faire des dauphins leur dîner”. Cf articles datant de 2012, preuve que la pratique ne date pas d’hier et n’est pas un cas isolé.
Ces aficionados de la chair de dauphins, jettent le discredit et la honte sur toute la profession. Les pêcheurs concernés se sentent d’ailleurs dans un tel climat d’impunité qu’ils ont pour habitude de se vanter de leur appétit pour les dauphins, y compris auprès de nos volontaires Bretons (trois groupes locaux Sea Shepherd sont basés en Bretagne) “C’était bon le steak de marsouin hier soir !” sont des réflexions déjà entendues à plusieurs reprises par nos volontaires.
Le Comité des pêches du Finistère, affirme dans son article que le dauphin retrouvé mutilé et eviscéré sur la plage a du être découpé après s’être échoué sur la plage. Pourtant la queue du mammifère était sectionnée, comme c’est toujours le cas des dauphins capturés dans les filets pélagiques. Le Comité des pêches voudrait donc nous faire croire qu’un promeneur du dimanche, armé d’un couteau suffisamment coupant pour tailler dans un dauphin, ayant trouvé par hasard le cadavre de l’animal échoué mort d’on ne sait quelle cause naturelle, ce promeneur donc, pris d’une grosse fringale, aurait décidé de lui tailler le dos (à l’instar des dauphins mutilés découverts outre manche juste après le passage des bateaux français) et aurait décidé, en présumant que le cadavre était “sain” et comestible, de rentrer chez lui avec le dos et les viscères de l’animal…
“Les cons , ça ose tout” comme le dit le Comité des pêches… Certes, à commencer par prendre les gens pour des cons.
Mutiler une espèce protégée étant hautement illégal, Sea Shepherd dépose dans le cadre de cette affaire une plainte contre X et offre en parallèle une récompense de 2000 euros à quiconque aiderait les autorités compétentes à appréhender les coupables, dans cette affaire mais aussi dans les éventuels cas futurs. (contact@seashepherd.fr) Le Procureur de la République va donc être saisi et l’ouverture d’une enquête permettra, on l’espère de retrouver le “promeneur” responsable et de prouver une fois pour toutes l’innocence des pêcheurs. Et oui, les cons, ça ose aussi ironiser.
Plus sérieusement, il est temps de mettre un terme à ces pratiques illégales et barbares, mais aussi de lever l’omerta. Ceux des pêcheurs qui ne cautionnent pas ces agissements mais qui en ont connaissance, ont la responsabilité de les condamner auprès des auteurs des faits afin qu’ils ne se sentent plus ni intouchables, ni impunis. Et qu’ils cessent de jeter le discrédit sur toute une communauté.
Nous ne faisons l’apologie d’aucune forme de pêche mais nous faisons une différence entre les pêcheurs qui tiennent à garder une mer vivante pour les générations futures, et ceux qui se fichent bien de ce qu’elle peut devenir après eux. Il nous incombe à tous, humains, de respecter la vie. Et tout marin digne de ce nom, se doit en premier lieu, de respecter la vie marine.

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