Littoral - Le magazine des gens de mer

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Voir et revoir, Diélette une mine sous lamer

Escale tout au nord du Cotentin, du côté de Flamanville. Il y a un demi-siècle, à Dielette, se trouvait une mine de fer.15 kilomètres de galeries qui s’enfonçaient à 150 mètres sous la mer. Les infiltrations d’eau, c’était l’ennemi et le problème majeur des mineurs.

Par Sophie Bourhis

Cette semaine Laurent Marvyle vous propose dans Littoral, de revivre une époque incroyable avec des témoignages bouleversants. A l’emplacement exact de la centrale nucléaire et du chantier de l’EPR de Flamanville à la pointe du Cotentin, se dressaient il y a 50 ans les bâtiments de la mine de fer de Diélette...

La mine sous la mer.
Exploitée pendant un siècle, cette mine était unique en son genre car ses 15 kilomètres de galeries s’enfonçaient sous les eaux froides de la Manche à 150 mètres de profondeur. Chaque jour près de 600 tonnes de minerai étaient extraites à la dynamite puis chargées à bord de bateaux principalement en partance pour la Grande‐Bretagne et les pays scandinaves. Face au chantier de l’EPR, on aperçoit encore les vestiges du "wharf", la plateforme de chargement jadis reliée à la mine par un téléphérique. Les infiltrations d'eau de mer étaient le plus grand ennemi de la mine. 11 m3 suintaient dans les galeries chaque minute. Toute la sécurité reposait sur la station de pompage qui tournait 24 heures sur 24. En cas de panne, les mineurs disposaient de moins de 20 minutes pour rejoindre la surface. Durant un siècle, le village de Flamanville a vécu au rythme de sa mine si particulière, accueillant des ouvriers venus d’Italie, d’Espagne, de Pologne, de Tchécoslovaquie. Si le travail était dur, les salaires y étaient bien meilleurs que dans les fermes environnantes. Les familles des mineurs étaient logées gratuitement à l’écart du bourg dans les corons de la Cité Sainte-Barbe. Politiquement, la cité constituait un "îlot rouge" qui contrastait avec la campagne normande plutôt conservatrice. Composée pour l’essentiel de mineurs, l’équipe de football de Flamanville était réputée pour sa ténacité et sa rudesse dans toute la Normandie. En dépit de sa teneur en fer exceptionnelle, l’extraction du minerai cessa en 1962. Le site de Diélette n’était plus rentable face aux exploitations à ciel ouvert d’Afrique. Trop coûteux, le combat incessant contre la mer devenait impossible à poursuivre. A la veille de sa fermeture, la mine employait plus de 200 personnes. On pourrait croire que, 50 ans après sa fermeture, le souvenir de la mine est définitivement effacé. Il reste pourtant encore profondément ancré dans la mémoire de Flamanville et de ses habitants. Beaucoup sont issus de familles de mineurs. Une vingtaine d’entre eux sont encore vivants. Chaque année, les anciens se retrouvent toujours début décembre pour célébrer la Sainte Barbe et retrouver pour quelques heures une fraternité et une camaraderie que les années n’ont pas entamées, celle des mineurs de fond.
Un film de Pierre-François Lebrun.

 

Diélette, la mine sous la mer

 

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