Maïs traité à la phosphine à Brest : “Triskalia ne peut pas être à la fois juge et partie”

© France 3 Bretagne
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Alors que Triskalia a annoncé que la moitié du maïs traité à phosphine entreposé à Brest était conforme à la réglementation, l'Union Régionale Solidaires de Bretagne et le Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l'ouest veulent des analyses de la part de l'Etat. 

Par Lucas Hobé

"C’est quand même un comble ! C’est l’entreprise prise en défaut d’utilisation de céréales non conformes, qui annonce elle-même que ces céréales sont à nouveau conformes ! alors que l’enjeu de cette affaire est un problème de Santé Publique. Triskalia ne peut pas être à la fois, juge et partie !"

Voilà la réponse de l'Union Régionale Solidaires de Bretagne et le Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l'ouest suite à l'annonce de Triskalia qui a indiqué que la moitié de la cargaison de maïs arrivé mi-décembre à Brest et traité à la phosphine a été analysée et s'est révélée "conforme à la réglementation".

"L'Etat se tait"

L'Union Régionale Solidaires souhaite que l'Etat intervienne sur les stocks de maïs. "Mais l'Etat se tait : les résultats de ces analyses sont gardés secrets ; aucune information n’est donnée sur la situation des stocks à Plouisy et à Plouagat. Le ministre de la Santé, M. TOURAINE et celui de l’Agriculture, S. LE FOLL, que nous avons interpellés, restent silencieux face à ce scandale de Santé Publique" déplore-t-elle. 

"C’est à l’ANSES de dire si ce maïs est consommable"

L'Union syndical pointe également du doigt les antécédents judiciaires de Triskalia, "coupable d'avoir empoisonné aux pesticides plusieurs de ses ex-employés, son comportement non transparent dans cette affaire de maïs à la phosphine, nous poussent à douter de sa bonne foi. Le communiqué de Triskalia ne suffit donc pas à garantir que ce maïs ne présente aucun risque, ni pour la santé des travailleurs portuaires et agricoles, ni pour celles des animaux qui sont destinés à s’en nourrir, ni pour les humains qui les mangeront. C’est à l’ANSES de dire si ce maïs est consommable". 

En l’absence de garanties données par la Préfecture elle-même, l'Union Régionale Solidaires de Bretagne et le Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l'ouest continuent "à demander la destruction des 25 500 tonnes de maïs".

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