Dans le Finistère, la Gariguette ramène sa fraise

C'est la pleine période de la récolte de la Gariguette, la fraise bretonne dans toute sa splendeur, cultivée en majorité sous serres dans le nord-Finistère. Deux champions, Savéol et Prince de Bretagne (SICAFEL) se partagent le marché de cette première fraise (française) de la saison.

Par Stéphane Grammont

Il y a la Charlotte, la Mara des bois, la Cirafini... et la Gariguette. Parmi les quelques 2500 variétés que l'on peut trouver la dans nature, la Gariguette est celle qui a séduit les producteurs Bretons. 

Dans le nord-Finistère, les deux acteurs majeurs de cette production, Savéol et La CERAFEL (Prince-de-Bretagne) fourbissent les armes de la commercialisation. Seul Savéol, leader du marché, peut mettre en avant l'appellation de "Fraise de Plougastel", car la totalité de sa production se fait dans la commune et les quelques autres de ce terroir. Car s'il n'existe pas d'Appellation d'Origine Protégée, une autre AOP, l’Association d’Organisations de Producteurs nationale (AOPn), veille au grain.

Les deux groupements de producteurs produisent sous serre, l'exception de quelques producteurs de plein-champ à la Sicafel. Mais même à eux deux, la production en Bretagne n'est qu'une petite partie des quelques 55 000 tonnes produites en France, dans le sud-Ouest en particulier. A eux deux, Savéol et la Cerafel produisent 3000 tonnes de fraises.
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La fraise, c'est le fruit préféré des enfants. Les Français en mangent en moyenne 2 kilos par an. Dès lors, la Gariguette, le "premier goût de fraise de la saison", doit faire oublier ses cousines Espagnoles, qui représentent 54% des ventes en France, sur les étals. C'est également le signal de départ pour les quelques 550 producteurs réunis dans l'AOPn, et qui représentent 45% de la production française. Une saison qui va durer jusqu'à mi-novembre.

La saison de la Gariguette, elle, durera jusqu'à la mi-juillet. C'est donc un temps très court de commercialisation, avec des prix relativement stables, autour 11 euros 50 le kilo.
 / © L'évolution du prix de la Gariguette, en 2013 et 2014
/ © L'évolution du prix de la Gariguette, en 2013 et 2014

Un peu d'histoire

La Bretagne fut une terre pionnière quand les premiers plants de fraise furent ramenés en France par les explorateurs. C’est le malouin Jacques Cartier, le découvreur du Canada,  qui a introduit en France les premiers fraisiers. A la fin du 16ème siècle.

Mais la mère de toutes les fraises. Celles que l’on consomme aujourd’hui. C’est du Chili qu’elle vient. Et c’est un officier de Louis 14 qui l’a ramenée d’une mission d’espionnage en 1714. L’homme a un nom prédestiné. Il s’appelle Amédée Frézier.

Il découvre celle que l'on nomme la "blanche du Chili". Il partage les 5 plants qu’il a ramenés entre le jardin royal à Paris et le jardin botanique de Brest où il est nommé directeur des fortifications de Bretagne

Qu'est-ce qui amène la fraise à Plougastel: le hasard, ou un vol? Les historiens et spécialistes sont partagés sur la question. Pour certains, c’est un infirmier originaire de Plougastel qui a subtilisé un fraisier au jardin botanique de Brest et qu’il l’a planté chez lui. La nature et le climat breton ont ensuite fait le reste.

Dès le milieu du 18ème siècle, la culture de la fraise va se développer dans le Finistère. En 1940, à l'âge d'or, Plougastel fournira même un quart de la production française.


2500 variétés dans la nature




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