Le chef de l'Etat a reçu le ministre de la Cohésion des territoires avant de s'entretenir avec le Premier ministre Edouard Philippe pour "caler le calendrier des prochains jours" alors que la démission du gouvernement et un remaniement sont attendus très prochainement.

Réélu député dimanche soir à Carhaix dans la 6ème circonscription du Finistère, Richard Ferrand s'est vu proposé par Emmanuel Macron la tête du groupe LREM à l'Assemblée nationale. Il quitterait ainsi le gouvernement.

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Interrogé dimanche soir à l'issue du scrutin pour savoir s'il allait siéger à l'Assemblée, le ministre de la Cohésion des territoires avait tenu à préciser qu'il exercerait pleinement son rôle de député et que ce ne serait pas sa suppléante Laëtitia Dolliou qui siégerait à sa place dans l'hémicycle. Une réponse qui ne pouvait que laisser penser qu'il ne serait plus ministre suite au remaniement ministériel.

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Un homme clé pour Emmanuel Macron

De son côté, l'entourage de Richard Ferrand, interrogé par l'AFP, a "confirmé" l'information, ajoutant que le ministre avait "accepté" cette proposition. "Le président voulait que Richard Ferrand prenne la tête du groupe car c'est un homme de confiance et d'efficacité", a-t-on déclaré de même source, faisant valoir que le ministre démissionnaire était "la clé de voûte du mouvement" politique du chef de l'Etat.

"Logiquement, il voulait qu'il soit à la tête du groupe le plus large de la Ve République", a ajouté l'entourage du ministre. Lors de leur entretien, Emmanuel Macron a affirmé que "Richard Ferrand était pour lui ce que Pierre Joxe (président du groupe PS à l'Assemblée de 1981 à 1984, ndlr) était à François Mitterrand", a-t-il poursuivi.

Mis en cause dans une affaire immobilière

Richard Ferrand fait l'objet d'une enquête préliminaire du parquet de Brest, après la révélation fin mai par Le Canard enchaîné que les Mutuelles de Bretagne, lorsqu'il en était directeur général, avaient décidé en 2011 de louer des locaux commerciaux appartenant à sa compagne.

Ces révélations qui ont marqué la campagne électorale des législatives en pleine réflexion sur la moralisation de la vie politique ne semblent pas pour autant avoir affaibli le député finistérien dans sa circonscription. Réélu largement au second tour, il n'a lâché que deux petits points par rapport à son score victorieux aux législatives de 2012 (58,36%), alors sous les couleurs du Parti socialiste.