Emploi du fils de Richard Ferrand : la très maladroite justification du cabinet du ministre

Richard Ferrand, ministre de la Cohésion et des territoires, à l'entrée de l'Elysée - 24/05/2017 / © AFP - S. De Sakutin
Richard Ferrand, ministre de la Cohésion et des territoires, à l'entrée de l'Elysée - 24/05/2017 / © AFP - S. De Sakutin

En plus d'avoir révélé que Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires, a favorisé son épouse dans une opération immobilière, Le Canard Enchaîné explique que son fils a été rémunéré comme collaborateur parlementaire en 2014. La justification du ministère a de quoi surprendre !

Par Thierry Peigné

Les révélations du Canard Enchaîné de ce mercredi 24 mai sur les affaires de favoritisme familial du ministre Richard Ferrand dans une opération immobilière ne cessent de faire réagir la classe politique.

Dans son article de ce mercredi, le journal satirique épingle également le nouveau ministre de la Cohésion des territoires pour avoir embauché son fils durant quatre mois comme collaborateur parlementaire en 2014. Un travail qui interpelle, après l'épisode retentissant de l'affaire Penelope Fillon. Rappelons qu'il n'y a rien d'illégal à ce qu'un député emploi un proche, à condition que le travail soit bien réel. Une révélation qui s'ajoute à celle du favoritisme immobilier et qui jette la suspicion sur le député du Finistère, alors que François Bayrou, ministre de la Justice, travaille sur la loi concernant la moralisation de la vie politique.

Contacté par franceinfo, le cabinet du ministre confirme le travail du fils du 13 janvier au 16 mai 2014, mais dément tout emploi fictif. "Richard Ferrand avait plein de boulot à faire à sa permanence, des choses qu’il n'avait pas eu le temps de faire, comme développer sa lettre de député. Il a demandé à son fils de l’aider à une période où ce dernier n'avait pas de travail", justifie le cabinet.
 

La très maladroite et insultante justification du cabinet du ministre

Et pour justifier le choix d'embauche de son propre fils au lieu d'un autre employé, le cabinet du ministre avance cette réponse au journaliste de franceinfo :

"Je vous invite à aller faire un tour en Centre-Bretagne. Ce n’est pas simple de trouver un jeune, volontaire, pour travailler cinq mois, qui sait lire et écrire correctement, aller sur internet."

Cette justification, insultante à l'égard du Centre-Bretagne, ne peut que rappeler la polémique créé par Emmanuel Macron avec les "illettrées de Gad" en septembre 2014. Une formulation qui n'est pas passée inaperçue chez les Bretons et a provoqué de multiples réactions :

 

La réponse de Richard Ferrand

Ce mercredi soir, Richard Ferrand a réagit aux propos tenus par un des membres de son cabinet : "Je condamne fermement les propos honteux parus dans un article publié par France Télévisions et qui sont attribués à un membre de mon cabinet. Je m’attache personnellement à vérifier l’exactitude de la citation. Si un membre de mon équipe a effectivement employé de tels mots, des sanctions seront prises immédiatement."

Le député du Finistère ajoute sur son blog : "Je vis en Centre Bretagne depuis vingt ans, j’en suis fier, et j’y suis profondément attaché, tant au territoire qu’à ses habitant.e.s."

Un salaire moyen de 1 700 euros 

Pour avoir travaillé au côté de son père, rédigeant entre autres la lettre d'information bimestrielle du député, mettant à jour son blog ou son compte Facebook ou même réservant des trains, Emile Ferrand, 23 ans à ce moment-là, a perçu les salaires suivants rapporte franceinfo : "776,03 euros net en janvier pour 27 heures par semaine, 1 266,16 euros net en février, mars, avril pour 35 heures par semaine et 2 222 euros en mai. Ce dernier montant, plus élevé, s'explique par le solde de tout compte : congés, prime de précarité, 13e mois. Au total, Emile Ferrand a donc touché 6 796,51 euros nets, soit 1 699,13 euros par mois en moyenne".
 

Les regrets du ministre

Dans l'après-midi de ce mercredi 24 mai, Richard Ferrand a évoqué des regrets concernant l'embauche de son fils. Il a précisé que "si c'était à refaire", il "ne le referai(t) pas". "Je vois bien qu'aujourd'hui (...) il y a un rejet total de l'idée qu'un parlementaire puisse embaucher l'un de ses proches. Je ne le referais pas", a insisté le député du Finistère.


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