Hoedic : compter les oiseaux migrateurs, un suivi indispensable

Un PGS, un pouillot à grands sourcils, observé sur l'île de Hoedic / © V. Chopin - France 3 Bretagne
Un PGS, un pouillot à grands sourcils, observé sur l'île de Hoedic / © V. Chopin - France 3 Bretagne

C'est un travail important pour les bénévoles du centre de recherches sur la biologie des populations d'oiseaux, le comptage du mois d'octobre sur l'île de Hoedic. Il s'agit de répertorier et d'observer les flux migratoires, pour en constater les évolutions. 

Par Valérie Chopin

Tous les ans depuis une vingtaine d’années des bénévoles du CRBPO (Centre de Recherches sur la Biologie des Populations d’Oiseaux) mettent en place durant dix jours, début octobre, des filets pour pouvoir recenser les oiseaux qui passent sur l’île de Hoedic.

Les filets (21 au total, de 2m5 sur 12 mètres) permettent d’intercepter "momentanément" le temps de quelques mesures, les oiseaux migrateurs notamment. Toutes les demi-heures, les ornithologues amateurs font la tournée des filets entre 7h30 du matin et 14h, pour recueillir les oiseaux captés : "connaissance, gestion et protection", voilà les trois maîtres mots de notre démarche explique Bernard Iliou, ornithologue à Bretagne Vivante et référent du réseau des réserves.

© V. Chopin - France 3 Bretagne
© V. Chopin - France 3 Bretagne

Hoedic, île stratégique


Il s’avère que l’île d’Hoedic est stratégique, du fait de son relief (varié) et de son emplacement géographique (non loin de l’océan). Au cours de leur migration indispensable à leur survie,  les oiseaux y trouvent refuge pour se reposer et s’alimenter avant de poursuivre (ou pas) leur voyage. "Comme c’est un île, il est aussi plus aisé pour nous d’y repérer la diversité des espèces qui y circulent", explique Bernard Iliou, ornithologue à Bretagne Vivante et référent du réseau des réserves.

Espèces et espaces : les deux indissociables


Le comptage effectué avec des bénévoles de l’association Bretagne Vivante permet de recueillir de nombreuses informations sur l’individu en lui-même mais aussi sur l’espèce (présente en nombre à un moment donné) et sur l’espace où on les a remarqué (le lieu est-il adapté à leur recherche etc.) : "Taille, poids, état d’engraissement… Alain Gentric, bagueur bénévole ausculte une fauvette à tête noire. "On les bague ensuite, pour que si l’oiseau est repris un jour, on puisse en savoir davantage sur son évolution."

"Espèce et espace sont indissociables", complète Bernard Iliou, lui aussi bagueur bénévole : "grâce au baguage effectué tous les ans, sur la même période et au même endroit, on décèle des évolutions : certaines espèces changent d’axes migratoires, d’autres migrent plus tard ou plus tôt."


L’hirondelle ne ferait plus le printemps ?


Bernard Iliou aussi bagueur pour le CRBPO (Centre de Recherches sur la Biologie des Populations d’Oiseaux) explique par exemple que "certaines espèces migratrices, comme les hirondelles ont changé de comportement. Elles qui revenaient avant au printemps, ont visiblement tendance à rester en Bretagne durant l’hiver."


Les données relevées durant dix jours sont informatisées et intégrées dans un dossier national (du Muséum d’Histoire Naturelle) et européen. L’an dernier, 1500 oiseaux avaient ainsi été recensés. Cette année, ils seront visiblement beaucoup nombreux, sûrement 300 d’ici jeudi. Pour quelles raisons ? Les analyses de chiffres relevés nous le diront.


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