Les îles du Ponant: “tout est plus compliqué”

Vivre sur une île, c'est toujours plus compliqué / © SG
Vivre sur une île, c'est toujours plus compliqué / © SG

Les 15 îles du Ponant portent haut leur fierté lors de ce festival des Insulaires. Mais elle a un coût, cette insularité. Vivre sur une île coûte 38% plus cher que sur le continent.

Par Stéphane Grammont

L’association des îles du Ponant a été créée il y a 46 ans, avec au départ 16 îles. Avant que l’île de Ré soit reliée au continent par un pont. Une solidarité que la condition d’îles battues par les vents, dont la population est multipliée par plus de 10 à la belle saison, rend nécessaire.

L ‘association travaille avec les élus et les intercommunalités sur les thématiques comme la santé, l’environnement, l’énergie, les déchets. Et rien n’est évident.

« Il y a de nombreux thèmes sur lesquels on intervient car ce sont des territoires aux ressources limitées, autant en eau qu’en énergie » explique Emilie Gauter, chargée de mission,  « comme la gestion des déchets, à rapatrier sur le continent par exemple, tout est plus compliqué ».



Le prochain projet d’Emilie Gauter, chargée de l’énergie et des déchets: acheminer des poules sur les îles du Morbihan. Le but: réduire les déchets, et donc leur traitement. Le trajet se fera en voilier-cargo, pour réduire l’empreinte carbone.

Tout est plus compliqué, et plus cher. « La vie insulaire coûte 38% plus chère que sur le continent » précise Emilie Gauter. Un surcoût qui n’est pas toujours compensé au titre de la continuité territoriale. Même si l’Assemblée Nationale a voté une "dotation communale d'insularité" de 4 millions d’euros en novembre dernier.

« Cela représente 700 000 euros pour l’île d’Yeu » précise Michel Charuau, adjoint à la mairie de la commune, « ce n’est qu’une partie de ce que représente le surcoût de la vie sur l’île, mais ça fait du bien ».

Les îles, du fait de leur fragilité et de ces contraintes, sont très au fait de la transition énergétique et écologique. « L’énergie est difficile à acheminer » explique Bernard Laurans, le directeur d’Enedis en Bretagne. « Même lorsque comme à Bréhat l’île est reliée au réseau du continent,  il y a un câble qui traverse des zones de cailloux, qui subit des tempêtes, c’est un chantier particulier ».

Le gestionnaire du réseau électrique est partenaire du festival « pour accompagner les îles dans leur transition énergétique, car une fois que l’électricité est là, il faut la consommer de la bonne manière».

Cette question de la transition, quelle soit énergétique, numérique, écologique, sera le thème d’un débat ce samedi. Car au festival des Insulaires, ça cogite également.

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