"Monsieur le Président, osez une vraie refondation du logement" : le titre de la tribune publiée ce mardi dans Libération donne le ton.

Nathalie Appéré, maire de Rennes et présidente de l'Agence nationale de l'habitat (Anah) et Emmanuel Couet, président de Rennes-Métropole, fustigent la baisse des APL et des loyers dans les logements sociaux demandée par le gouvernement.

Rennes souvent "citée en exemple"


Les deux auteurs de la missive indiquent avoir construit, en une décennie "37 000 logements dont 18 000 logements aidés. Sur tous les segments du marché, l'augmentation des prix a été contenue", indiquent-ils.

"Les délais d’attente pour obtenir un logement social ont été réduits. Aucun ménage n’a recours aujourd’hui au droit au logement opposable, malgré une forte dynamique démographique", poursuit la lettre. "Nous sommes régulièrement cités en exemple pour ces résultats, que nous n'aurions cependant jamais atteints sans une politique nationale, dont la cohérence est garantie par l’État."

Nathalie Appéré et Emmanuel Couet alarment sur le fait que cet "équilibre vertueux" est "menacé par les mesures inefficaces et profondément injustes que votre Gouvernement prépare dans l’ombre des arbitrages budgétaires, sans véritable concertation avec les professionnels et les acteurs du secteur."

"Il n’est pas trop tard pour éviter ce scénario du pire"


"Une autre réforme du logement est possible, davantage tournée vers les objectifs de cohésion sociale, de mixité, de solidarité", affirment les deux auteurs de la tribune, proposant de "changer de paradigme". Cette tribune est l'occasion pour la maire de Rennes de vanter le modèle de sa ville. "Le modèle rennais, qui combine aides publiques assorties de contreparties, solidarités entre les communes de la métropole, peut utilement nourrir le débat national."

"Nous sommes également convaincus de la nécessité de repenser fondamentalement la politique des loyers dans le parc social. C’est la voie que nous voulons continuer à expérimenter à Rennes avec le 'loyer unique'. Son principe est simple, profondément républicain, inscrit dans les valeurs du service public : 'un même logement, un même loyer'."



La tribune s'achève par une pique dirigée contre le Président de la République : "Monsieur le Président, les vraies réformes, ne sont pas dans les recettes libérales d'hier, mais dans la réinvention d’une politique de logement que nos territoires sont prêts à mettre en œuvre."