Législatives Rennes Ouest (8e circonscription) : les cartes sont rebattues et les jeux sont ouverts

© A. Grall
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De Nouvelle Donne au Parti Animaliste, en passant par le PS, la République en Marche ou la France Insoumise, 20 candidats se sont lancés dans la course à la députation dans la 8ème circonscription d'Ille-et-Vilaine. Du jamais vu. Il faut dire que sur ce territoire tout semble possible…

Par Maylen Villaverde

La 8ème circonsciption d'Ille-et-Vilaine s'étend des quartiers Ouest de Rennes jusqu'à Mordelles. Avec 135 000 habitants, c'est une des plus peuplées mais c'est aussi celle qui compte le moins d'inscrits sur les listes électorales (environ 83 000 personnes).

Vers un duel PS - REM ?

Lors des législatives de 2012 le socialiste Marcel Rogemont, camarade de la 1ere heure d’Edmond Hervé, avait obtenu dès le 1er tour 47,85% des voix. Cinq ans plus tard le parti socialiste, représenté par le maire de St-Jacques-de-la-Lande et président du Conseil d’Agglomération Emmanuel Couet, n’ose même pas en rêver… Il y a quelques mois à peine tout le monde le donnait pourtant largement gagnant mais depuis il y a eu l'élection présidentielle...

Sur sa route, Emmanuel Couet doit donc désormais affronter le candidat de la République En Marche Florian Bachelier bien décidé à lui ravir le poste. Ce dernier, chef de fil départemental du jeune mouvement, n’oublie jamais de rappeler que la politique française a besoin de renouvellement et de personnes totalement investies dans la société civile et la réalité économique.
Cet avocat d’affaire de 38 ans (ancien adhérent PS) n’a jamais été élu et il espère bien surfer sur la vague d’adhésion dont a bénéficié Emmanuel Macron lors de la présidentielle. Au 2eme tour, son mentor a atteint 87,12 % des voix sur cette circonscription. Record absolu en Bretagne.

Mais cela suffira-t-il à évincer le successeur désigné de Marcel Rogemont ? Emmanuel Couet constate que "les électeurs de gauche ont été bousculés, [que] leurs repères ont été brouillés" . Celui qui a soutenu Vincent Peillon lors des primaires, se présente comme un homme "fidèle à des valeurs et convictions de gauche" qui, selon lui, auront besoin d'être défendues dans l'hémicycle notamment les réformes du code du travail ou des services publics. Il explique cependant ne pas être dans une opposition de principe à la politique du nouveau président et se dit prêt à voter un certain nombre de mesures comme par exemple la relance de l'Europe ou une réforme de l'assurance chômage.  Aujourd'hui il mise sur son expérience de maire et de président de l'agglomération pour faire la différence. Des postes dont il démissionnera s'il est élu, assure-t-il. Nathalie Appéré, maire de Rennes,  pourrait alors reprendre la présidence de la Métropole. Un jeu de chaises musicales qui alimente les critiques des différents opposants...

Une bataille impossible pour la droite ?

La conquête de ce territoire s'avère bien difficile pour la candidate des Républicains-UDI Amélie Dhalluin. Peu connue des citoyens, Amélie Dhalluin est pourtant conseillère d’opposition à Rennes depuis 2015. Pendant les primaires de la droite et du centre elle avait soutenu Bruno Lemaire devenu depuis ministre. Pas évident donc aujourd'hui de marquer sa différence avec le candidat du parti présidentiel... La candidate de la droite ne se place pas d'ailleurs en opposante à LREM. Elle se dit prête à soutenir des mesures du gouvernement Macron et notamment la réforme proposée par le ministre de l'Education Nationale. Par contre elle se dit opposée à l'augmentation de la CSG. 

Pédiatre de profession Amélie Dhalluin a décidé de placer l’emploi, la santé et la sécurité au cœur de son programme. Son credo : moderniser, faire des économies et lutter contre les fraudes. Sur l'économie elle préconise d'aider les entreprises, baisser l'impôt sur les sociétés et l'impôt sur la fortune pour encourager les investissements. Elle veut aussi revoir le système des solidarités pour moins de gaspillage et une plus juste répartition.

Jusque-là la campagne est restée bon enfant. Chaque candidat bat le pavé de son côté à la rencontre des électeurs. Mais sur les réseaux sociaux chacun semble pourtant avoir désigné son adversaire direct.



EELV, 3ème force en 2012. Et en 2017 ? 

Matthieu Theurier est le candidat d’EELV. Il est aussi vice-président au conseil d’agglomération de Rennes en charge de l’économie sociale et solidaire. Le jeune homme est arrivé 3ème lors des dernières législatives avec 9,70 % des voix. L’environnement est évidemment au cœur de sa campagne. Plus précisément le candidat a fait de l’alimentation biologique, des transports, de l’agriculture et de la participation citoyenne ses dossiers prioritaires. Il espère améliorer son résultat de 2012 et il compte pour cela s’appuyer sur le travail mené au sein du conseil d’agglomération rennais. Ses meilleurs arguments: la mise en place du doublement de la part des aliments biologiques dans les cantines de Rennes et la nomination de Nicolas Hulot au Gouvernement. Pour l'élu c'est une très bonne nouvelle. Il estime désormais que les électeurs doivent encourager cet espoir vert en élisant des députés qui pourront soutenir le nouveau ministre dans ses projets.


Que fera la France Insoumise, 2ème à la présidentielle ?

Enora Le Pape, candidate de la France Insoumise espère elle aussi bénéficier de la dynamique des élections présidentielles. Sur ce territoire Jean Luc Mélenchon est arrivé 2ème lors de la présidentielle avec 24% des voix. 

La jeune femme de 34 ans, titulaire d’un master en droit, aujourd’hui sans emploi, est nouvelle en politique et elle en fait une force : "Je suis la candidate de nombreux citoyens qui ne sont aujourd'hui que peu ou pas représentés chez les décideurs politiques: les chômeurs et les femmes". Elle a d'ailleurs fait de l’urgence sociale, économique et démocratique ses priorités. Parmi ses préoccupations: le manque d'effectif dans la santé et chez les pompiers, la qualité de l'alimentation ou encore l'inégale répartition des richesses dans l'économie.

Sur le terrain ou sur les réseaux sociaux la France Insoumise a clairement identifié La République En Marche comme un adversaire direct, et les interpellations vont bon train.


8ème circonscription d'Ille-et-Vilaine : les jeux sont ouverts
20 candidats se sont lancés dans la course à la députation dans la 8ème circonscription d'Ille-et-Vilaine. Du jamais vu. Il faut dire que sur ce territoire tout semble possible… Intervenants : Emmanuel Couet, candidat PS, président de Rennes Métropole et maire de Saint-Jacques-de-la-Lande - Florian Bachelier, candidat La République En Marche, chef de fil EM en Ille-et-Vilaine - Amélie Dhalluin, candidate LR-UDI, élue d'opposition à la mairie de Rennes - Enora Le Pape, candidate France Insoumise - Matthieu Theuriet, candidat EELV, Vice-Président Rennes Métropole et élu au conseil municipal de Rennes - Reportage : M. Villaverde - L. Bonis - B. Van Wassenhove

Face à ces hommes et femmes, 15 autres candidats sont en lice dont une majorité de mouvements sympathisants de gauche ou écologistes:
  • LUCAS Fabrice, LUTTE OUVRIERE (GAUCHE)
  • BISSON Iris (DIVERS)
  • GUILLERME Françoise (FRONT NATIONAL)
  • VETEL Thomas, LA FRANCE QUI OSE (ECOLOGISTE)
  • PIROU Sébastien (DEBOUT LA FRANCE)
  • RADIGUET Tugdual, ALLIANCE ÉCOLOGISTE INDÉPENDANTE (ECOLOGISTE)
  • PRIET Pierre, PARTI OUVRIER INDÉPENDANT ET DÉMOCRATIQUE (EXTREME GAUCHE)
  • OZ Mistral, CAISSE CLAIRE (DIVERS)
  • BOUCAND Manon, PARTI ANIMALISTE (ECOLOGISTE)
  • PAYEN Claire (PARTI COMMUNISTE FRANCAIS)
  • DEBROISE Xavier, RÉGIONS ET PEUPLES SOLIDAIRES (DIVERS GAUCHE)
  • NADLER Anne, PARTI CHRÉTIEN-DÉMOCRATE (DIVERS DROITE)
  • JEQUEL Gwenvael, RÉGIONS ET PEUPLES SOLIDAIRES (REGIONALISTES)
  • COCHET Solenn, UNION POPULAIRE RÉPUBLICAINE (DIVERS)
  • LEJOUX Hervé, PARTI DU VOTE BLANC (DIVERS)

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