La maison des naissances à Rennes : mettre au monde simplement

La maison des naissances de Rennes devrait ouvrir ses portes en avril prochain. Elle accueillera les parents et les femmes qui veulent accoucher le plus simplement possible. Une cinquantaine de parents sont déjà inscrits et participent aux consultations dédiées, ouvertes depuis décembre 2016. 

Par Emilie Colin

L'idée est en gestation depuis 13 ans, porté par des familles et des sage-femmes de la clinique de la Sagesse, à Rennes. La maison des naissances devrait ouvrir en avril 2017. Les travaux avancent bien. Dans les faits, les consultations liées à cette vision de l'accouchement sont déjà ouvertes. Une cinquantaine de familles y est inscrite. Il suffit de contacter le service maternité de la Sagesse pour tout renseignement. Christiane David, elle-même sage-femme depuis 25 ans, est la porte-parole de ce projet, où "tout le monde a avancé ensemble : des parents aux sage-femmes, aux médecins en passant par les techiciens." 

C'est quoi une maison des naissances ? 

C'est permettre aux femmes d'accoucher le plus simplement possible. Cela passe par un accompagnement et un respect de la physiologie, et du processus de la mise au monde. C'était une demande du côté des femmes, qui a émergé suite à la l'hyper-technicisation des naissances.

En 1968, les femmes ont fait avancer beaucoup de choses, sur leur responsabilité, leur liberté de décider de leur corps. Et il y a eu à l'époque cette demande liée à la douleur de l'accouchement, qui a mené vers la péridurale. Au fil du temps, d'autres femmes se sont posées des questions sur cette pratique en disant "je ne me rends pas compte de ce qui se passe.", " y suis-je obligée ?". Certaines y voyaient une forme d'aliénation et ont demandé "N'y a t-il pas d'autres moyens ?", "Comment puis-je être prise en compte dans mes peurs, ma demande ?".  Ces femmes-là revendiquent aussi leur corps, comme leurs aînées en 68. 

Le fait d'être en intra, c'est une constellation qui s'est ouverte autour du berceau. Tout le monde s'est impliqué à La Sagesse.

Vous dites "des" naissances, pourquoi ? 

Oui, nous ce sera une maison des naissances. Parce qu'elles sont forcément plurielles : il y a la naissance des parents, des bébés. Il y a aussi différentes manières de naître et de mettre au monde. Il y a aussi une différence avec la maison de naissance, des structures autonomes avec des sage-femmes ayant un statut libéral, en partenariat avec une maternité. Nous, nous sommes en intra, une alternative proposée par La Sagesse, avec des salarié(ées). 

Quelles sont les objectifs de cette méthode ? 

Il y a deux curseurs : celui de la personnalisation de l'accompagnement, dans la parentalité. Et il y a un aspect plus technique, de santé publique. Nous allons pouvoir contribuer à l'amélioration des indicateurs notamment en termes de prévention et de la gestion des risques obstétricaux.

À l'étranger, de nombreuses expériences prônent le respect de la physiologie. Cela implique alors moins de risques à l'accouchement à plusieurs niveaux : diminution des césariennes, des interventions instrumentales sur le bébé (forceps par exemple), moins de lésions sur le corps pour les mères (épisiotomie...)







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