Rennes. 60% des conducteurs de bus en grève pour dénoncer l'insécurité

Les grévistes dénoncent des conditions de travail délétères, de l'incivisme et une insécurité croissante. / © France 3 Bretagne - Roger Bendayan
Les grévistes dénoncent des conditions de travail délétères, de l'incivisme et une insécurité croissante. / © France 3 Bretagne - Roger Bendayan

Journée de mobilisation dans les transports de bus à Rennes Métropole. Les agents de Keolis en grève protestent à la fois contre les ordonnances réformant le Code du Travail et pour dénoncer l'insécurité grandissante à bord des bus. Seuls 40% des services sont assurés.

Par HP

"Les conducteurs sont à bout", explique Christian Demay, de la CGT de Keolis, l'opérateur du Star (Service de transport de l'agglomération rennaise. "Avec la maintenance, on en est à plus de 300 grévistes", ce mardi estime encore le délégué syndical.

Double revendications


Suivant l'appel général lancé par la CGT, les grévistes protestent certes contre les ordonnances réformant le Code du Travail "parce que cela va aggraver la précarité et que la pauvreté engendre la violence", estime Christian Demay, mais c'est aussi pour dénoncer l'insécurité croissante à bord des bus.

De l'incivilité aux agressions physiques, l'été dernier a été infernal pour les conducteurs comme pour les contrôleurs de titre, rapporte-t-il.

 
Christian Demay
Christian Demay CGT Kéolis - France 3 Bretagne - Roger Bendayan / France 3 Bretagne


Une police des transports


"A chacun son métier! Les contrôleurs ne sont pas là pour faire respecter la sécurité d'autant qu"ils sont, eux aussi, régulièrement visés". La CGT sollicite donc la mise en place d'une police des transports. Des négociations en ce sens ont débuté. Le syndicat attend de rencontrer les services de police et la préfecture d'Ille-et-Vilaine.

Conséquence de ce mouvement: si le métro circule normalement ce mardi, 60% des lignes de bus sont à l'arrêt. Le trafic est consultable via le site www.star.fr.

Ras le bol des usagers


Ces trois étudiantes à Rennes ont attendu jusqu'à deux heures avant de pouvoir prendre un bus et rejoindre la fac, ce mardi. / © R.Bendayan - France 3 Bretagne
Ces trois étudiantes à Rennes ont attendu jusqu'à deux heures avant de pouvoir prendre un bus et rejoindre la fac, ce mardi. / © R.Bendayan - France 3 Bretagne


Du côté des usagers, cette année scolaire démarre bien mal! "Je sais qu'ils font grève. C'est leur droit mais, nous, on doit arriver en cours à l'heure sous peine de récolter un zéro en TP [NDLR: travaux pratiques". Postées depuis une heure à un arrêt de bus, Gwen, étudiante sur le campus de Rennes Beaulieu, et ses deux amies fulminent. "On savait qu'il y avait un mouvement donc on est arrivé avec une heure d'avance mais impossible de monter dans le bus déjà bondé. Une amie a du patienter deux heures avant d'arriver à la fac." Et Gwen d'ajouter: "On ne peut pas justifier notre retard par la grève des transports. Quoiqu'il arrive, on doit être à l'heure. En plus, c'est un service qu'on paye."

"Je pense qu"il devrait y avoir des réquisitions... ne serait-ce qu'aux heures de pointe". Gwen, étudiante à Rennes 1 - Beaulieu


"Le service minimum existe", rétorque Christian Demay. "Ce mardi, 40% des bus circulent. Au lieu d'avoir un passage toutes les 4 à 7 minutes aux heures de pointe, c'est toutes les vingt minutes", assure le délégué CGT, qui reconnait toutefois que l'attente peut aller bien au delà.



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