Théâtre : Rennes encore sous tension

2 personnes ont été interpellées hier, elles ont perturbé la pièce de Castellucci au TNB, en chantant des prières.

Par Krystel Veillard

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Théâtre : le concept du visage du fils de Dieu

La pièce du metteur en scène Romeo Castellucci sur " Le concept du visage du fils de Dieu"

La dernière représentation "Le concept du visage du fils de Dieu" aura lieu ce soir.

C'est la troisième manifestation en 3 jours. Ce sera la dernière, puisque c'est aussi la dernière de la pièce si controversée de Castellucci.

Quartier bouclé et dispositif policier impressionnant jeudi soir aux abords du Théâtre national de Bretagne avant la première de la pièce. Des catholiques intégristes partis de la place de Bretagne vont défiler boulevard de la Liberté en priant et en chantant, face à une contre-manifestation d'extrême gauche.Les intégristes venus en majorité de Vendée défilent en procession derrière une grande croix, avec cierges et banderolles. 120 policiers encadrent les manifestations. Les forces de l'ordre font tout pour que les deux parties ne se rencontrent pas. Elles ont notamment déployé des barrières anti-émeutes pour cantonner les quelques 200 militants d'extrême gauche rassemblés avenue Janvier.

La pièce

La pièce de l'Italien, Romeo Castellucci "Sur le concept du visage du fils de Dieu", donnée jeudi, vendredi et samedi au TNB dans le cadre du festival "Mettre en Scène", a été présentée depuis début octobre au Théâtre de la Ville à Paris, place du Châtelet, puis au "104", établissement artistique du XIXe arrondissement. Dans cette pièce, un homme âgé, atteint de dysenterie, se vide sous le regard de son fils, peu à peu dépassé par les événements. Le Christ, dont le visage peint par un artiste de la Renaissance occupe le fond de scène, est aussi témoin de cette déchéance.

Cette première représentation s'est déroulée sans heurt et s'est achevée par une ovation.

Les réactions

Un spectacle régulièrement perturbé par des fondamentalistes catholiques dénonçant la "christianophobie". Sur son site internet, le groupe Civitas - proche de la Fraternité Saint-Pie X, fondée en 1970 par l'intégriste Mgr Marcel Lefebvre (1905-1991) - avait appellé ses militants à faire connaître leur indignation" devant le Théâtre national de Bretagne
(TNB), avant la première des trois représentations de la pièce de Romeo Castellucci,
qu'ils jugent "blasphématoire".

L'archevêque de Rennes, Mgr Pierre d'Ornellas avait pris position sur le site internet du diocèse "Ne nous trompons donc pas de combat en luttant contre une christianophobie à laquelle on veut nous faire croire. Manifester contre Castellucci est une erreur de perspective", écrit-il sur le site internet du diocèse."La provocation de telle ou telle mise en scène, si elle est conforme à l'intention, n'est pas un blasphème", avait ajouté Mgr d'Ornellas, ajoutant que "le dialogue entre l'Eglise et l'art contemporain est une voie indispensable à l'évangélisation".

INTERVIEWS :

- Mgr Pierre d'Ornellas, archevêque de Rennes

- Alain Escada, Responsable national Civitas

- Solène Raude, Porte-parole Europe Ecologie - Les Verts

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