IRM: près de 40 jours d'attente pour une “urgence” en Bretagne

Les rendez-vous pour les IRM, de plus en plus longs à obtenir / © PHILIPPE MERLE / AFP
Les rendez-vous pour les IRM, de plus en plus longs à obtenir / © PHILIPPE MERLE / AFP

39,6 jours; c'est le délai d'attente estimé par un cabinet d'études spécialisé en santé avant d'obtenir un rendez-vous d'IRM (Imagerie à Résonnance Magnétique) "en urgence" en Bretagne. Ce temps d'attente jugé "indigne" par le corps médical est l'un des plus élevés en France.

Par Hélène Pédech

Depuis 14 ans, l’Institut Cemka-Eval publie un bilan du taux d’équipement de la France en IRM et des délais d’attente pour la réalisation d’un tel examen en "urgence". L’initiative de cette enquête annuelle revient à l’association Imagerie Santé Avenir (ISA) en coopération avec le Syndicat National de l’Industrie des Technologies Médicales (SNITEM)... qui a donc quelques machines à vendre, on l'aura compris. Il n'empêche !

Cancer: IRM demandé en urgence 

La méthodologie de l'étude est la même chaque année, explique-t-on dans le Journal International de Médecine. "L’ensemble des services et cabinets de radiologie de France comptant une IRM (700 structures) sont appelés afin d’obtenir un rendez-vous en urgence « dans le cadre d’une recherche d’extension d’un cancer »". Ainsi, il faut patienter 39,6 jours en moyenne en Bretagne. Le délai moyen d'attente, en France métropolitaine, fluctue autour de 30 jours. 

La Bretagne très mal lotie 

Après l'Auvergne (44,8 jours) et le Centre (41,6 jours), c'est en Bretagne que ce délai est le plus long, selon le rapport. L'attente peut même varier du simple au double puisqu'il s'élève à moins de 20 jours (19,4) en Haute-Normandie. 
Malgré tout, notre région marque un progrès puisqu'en 2014, l'attente en Bretagne était supérieure à 50 jours.

Autant dire que les objectifs fixés par les différents plans cancers, qui après avoir tablé sur un délai de 15 jours étaient revenus à une cible de 20 jours, sont loin d'être atteints !

© Snitem.fr
© Snitem.fr

En cause, le sous-équipement

Cette situation est en grande partie la conséquence d’un taux d’équipement qui reste bas.

Pas de financement

 "Les obstacles à lever sont multiples, analyse encore le Journal International de Médecin, Jim.fr. Ils concernent la régulation exercée par les Agences régionales de la Santé, mais sont également financiers. Ainsi, à l’hôpital de Lannion, le feu vert de l’ARS a été donné en 2014, mais l’appareil n’a toujours pas pu être installé faute de financement. Si l’ARS assume la moitié du coût, le reste est à la charge de l’hôpital qui ne peut assurer cette dépense. La collecte lancée par des bénévoles peine aujourd’hui à rassembler les 35 000 euros manquant ! Face à de telles difficultés, certaines localités misent sur des solutions alternatives, comme le recours à des IRM mobiles, comme c’est le cas depuis quelques jours à l’hôpital de Carhaix. Ces exemples illustrent les disparités qui se creusent en fonction des régions et des établissements."

Pourquoi a-t-on besoin d'examen IRM ?

Largement utilisée en neurologie (AVC...), l'IRM sert également en cancérologie (atteintes du cerveau, du foie...), ainsi que dans le domaine des maladies cardiaques et en urologie. Dans le cas d'un cancer, l'imagerie sert à dresser un bilan, à suivre toute l'évolution de la maladie et à choisir un traitement adapté.
Un rôle essentiel lorsque l'on sait que 365 000 nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués chaque année en France.

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