Tara (1/4) : l’incroyable destin d'un voilier

Le voilier Tara au milieu des glaces polaires - "Tara Oceans Polar Circle" 2013 / © Tara Expéditions - A. Deniaud
Le voilier Tara au milieu des glaces polaires - "Tara Oceans Polar Circle" 2013 / © Tara Expéditions - A. Deniaud

A l’occasion de la COP21, le navire scientifique Tara est venu s’amarrer au pied de la Tour Eiffel à Paris. Il va endosser le rôle d’ambassadeur des Océans. Nous vous proposons de partir à la découverte de Tara. 1er épisode, l’histoire de ce voilier d’exception.

Par Adélaïde Castier

Tara est né des envies rocambolesques d’un explorateur d’exception : Jean-Louis Etienne.

En 1986, ce médecin originaire du sud ouest accomplit un exploit. Durant 63 jours, il marche seul, harnaché à un traîneau jusqu’au Pôle Nord. L'homme est fasciné par la banquise. De ses réflexions, études, calculs, va naître l'Antartica, un voilier destiné à se laisser enfermer par les glaces.

La dérive arctique

Jean-Louis Etienne rêve d’accomplir une expédition accomplie un siècle plus tôt par le norvégien Nansen : la dérive arctique. Nansen sera le premier a découvrir l’existence d’un courant transpolaire. Le jeune scientifique fait alors construire un bateau en bois, le Fram. En 1893, Nansen et ses équipiers quittent la Norvège avec de la nourriture pour cinq ans et du carburant pour huit. Trois ans plus tard, ils effectueront un retour triomphal à Oslo après avoir passé plus de trois ans dans les glaces.

Jean-Louis Etienne va s’inspirer du Fram pour construire l’Antartica. Le voilier polaire aura la même longueur et la même largeur. En 1989, le bateau est mis à l’eau. Il prend la direction de l’Antarctique où il va effectuer sa première campagne.

Cinq ans plus tard, Jean Louis Etienne n'a pas oublié le projet initial... la dérive transpolaire. Il décide de faire un test avec un hivernage au Spitzberg afin de vérifier la résistance du bateau aux températures les plus extrêmes. La dérive transpolaire doit suivre. Mais les caisses financières sont vides. Le bateau doit être vendu.

L’assassinat de Peter Blake

C'est le grand navigateur Néo-Zélandais Peter Blake qui se lance dans l'aventure avec un objectif : protéger la vie des Océans. Blake inspire toute une génération de marins. Il a remporté tous les trophées, du Jules Verne à la Coupe de l’América. Mais il ne se sent plus motivé par la compétition. Peter Blake a l’ambition de naviguer dans les régions les plus fragiles du globe.

L'antartica devient le SeaMaster... Mais la mission tourne au cauchemar au Brésil. Sur le fleuve Amazone, Peter Blake est assassiné pour deux montres et une poignée de dollars.

Perpétuer l’esprit du bateau polaire

Le bateau va rester plusieurs mois à l’abandon dans le port de Newport. Etienne Bourgeois, directeur général d’Agnès b, (l’entreprise de mode fondée par sa mère) à eu vent de la goélette. La veuve de Peter Blake accepte de lui vendre à une condition : qu'Etienne Bourgeois perpétue l’esprit du bateau. Le bateau est rebaptisé Tara.

Etienne Bourgeois décide alors de s’entourer d’une équipe de scientifiques pour le guider dans ses choix. Il rencontre ainsi Jean Claude Gascard, un océanographe de réputation internationale. En 1996, Gascard avait failli accomplir la dérive sur l’Antartica avec Jean Louis Etienne. Cette fois, il ne veut pas laisser passer cette nouvelle chance. 

Après trois années de préparation, Tara est prêt à accomplir sa première grande mission : la dérive de l’Arctique.

L'incroyable destin du voilier Tara
Lorient (56) - Louis Wilmotte, marin électricien à bord de Tara - Archives 1992 - Archives 2001 - Eric Karsenti, biologiste / Reportage : A. Castier - V. Bars

 

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