Méningocoques : quels sont les risques, comment combattre l'épidémie ?

© France 3 Bretagne - Roger Bendayan
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Après le décès d'une fillette de cinq ans au CHU de Brest, des suites d'une méningite de type B,  Pierre Guillaumot, directeur adjoint de l'Agence Régionale de Santé explique comment on procède pour combattre les risques de transmission.

Par Marc-André Mouchère

En cas d'infection invasive par un méningocoque l'ARS, en charge de la veille sanitaire, se doit de protéger la population en évitant la propagation de la bactérie.
Elle commence par se mettre en contact avec la famille de la personne infectée qui est souvent très malade ou même en réanimation.

Mener l'enquête

Pour recenser toutes les personnes qui ont été en contact avec la personne porteuse du germe, dans les jours qui ont précédé l'infection, l'ARS fait une enquête en commençant par la famille puis en suivant les pistes pour découvrir les lieux où la personne a pu en infecter d'autres (école, loisirs, associations ou lieux de travail).

Les conditions de la transmission du méningocoque

Pour qu'il y ait un risque avéré il faut un contact rapproché et prolongé avec les personnes infectées. L'ARS s'intéresse aux personnes ayant été en contact dans les 10 jours précédant le début des signe d'infection et ayant séjourné au moins une heure en face à face avec elle et à moins de un mètre.

En effet la bactérie méningocoque se transmet de façon buccale le plus souvent par des postillons ou des toux, c'est pourquoi les jeunes enfants en maternelle sont très surveillés.

Aux personnes répondant à ces critères on va administrer un traitement antibiotique. C'est le médecin des personnes concernées qui entre en contact avec eux pour administrer le traitement et assurer un suivi.
Lutte contre le méningocoque: le Dr Guillaumot explique comment l'ARS mène l'enquête

Retrouver et traiter tous les porteurs potentiels

Dans le cas de la petite fille de 5 ans qui a été infecté par un méningocoque B (en l'espèce, non vaccinable) il a fallu explorer le milieu familial et protéger par un traitement 28 personnes. Ensuite il a été proposé un traitement à tous les enfants de son école maternelle qui avaient pu être en contact (68 personnes) puis on a exploré les lieux de loisir et activité de la petite fille et on a protégé encore 12 personnes, plus tous les adultes ayant encadré ses activités. Au total 108 personnes ont été mises sous traitement pendant deux jours pour éliminer la bactérie et stopper la contamination.
Méningocoques : le traitement
Le Dr Pierre Guillaumot de l'ARS Bretagne explique comment on combat la propagation d'un méningocoque - interview par Roger Bendayan


Heureusement les infections invasives par le méningocoque sont très rares mais peuvent être dramatiques. Avec les interrogatoires menés par l'ARS il y a peu de risque que des personnes ayant été en contact plus d'une heure avec la personne infectée ne soient pas détectées. Mais les méningocoques réapparaissent sporadiquement. La plupart sont contrés aujourd'hui par la vaccination. Mais dans le cas du méningocoque B il n'y a pas de vaccination parfaitement efficace. Il faut donc réagir vite pour offrir un traitement curatif à toutes les personnes concernées par une possible transmission de bouche à bouche directe ou indirecte.

en savoir plus :
sur la bactérie

Le méningocoque (Neisseria meningitidis) est une bactérie exclusivement humaine. Les infections invasives à méningocoque (IIM) se manifestent sous forme de méningite.

sur les méningites et les maladies à déclarations obligatoires et les vaccinations appropriées
Les formes les plus graves des infections à méningocoque sont les méningites (infections du liquide et des membranes qui enveloppent le cerveau) et les septicémies. Elles peuvent conduire au décès ou laisser des séquelles importantes.


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