La région Bretagne demande l'autorisation du “ñ” dans les prénoms

Les parents du petit Fañch ont reçu une réponse négative qui ne leur permet pas de garder le tilde / © France 3 Bretagne
Les parents du petit Fañch ont reçu une réponse négative qui ne leur permet pas de garder le tilde / © France 3 Bretagne

Le conseil régional de Bretagne a voté ce vendredi un voeu demandant au ministère de la Justice de permettre l'usage du tilde dans les prénoms, après une décision judiciaire s'y opposant. 

Par AFP

C'est au tour du Conseil régional de Bretagne de prendre position à propos du tilde. Il a voté ce vendredi un vœu demandant au Ministère de la Justice de permettre son usage. "Il s'agit de défendre une liberté, celle du choix des parents. Il s'agit d'un droit fondamental, c'est-à-dire combattre une discrimination linguistique", a expliqué Isabelle Le Bal, conseillère régionale Modem, en séance. 

Pour une modification de la circulaire


Le président (PS) du conseil régional Loïg Chesnais-Girard avait lui aussi déposé un voeu identique. Tous les groupes politiques ont voté pour, sauf le Front national qui n'a pas pris part au vote. Le voeu vise à modifier une circulaire du 23 juillet 2014 du ministère de la Justice ne retenant pas le tilde parmi les signes diacritiques pouvant être utilisés dans la rédaction des actes d'état civil.


Le 13 septembre, le tribunal de Quimper avait refusé qu'un bébé breton porte le nom de Fañch, en estimant qu'autoriser le tilde "reviendrait à rompre la volonté de notre État de droit de maintenir l'unité du pays et l'égalité sans distinction d'origine". Les parents du jeune Fañch ont décidé de faire appel. "Si la République est en danger pour un tilde, je ne sais pas où nous allons", a lancé Paul Molac, conseiller régional et député LREM qui a lui aussi saisi la ministère de la Justice de la question, aux côtés d'une vingtaine d'autres députés de la majorité. 


"Les élus des partis français, confortablement installés dans le système France, en sont réduits - quand ils l'osent - à mendier de leur tutelle parisienne le droit d'utiliser en Bretagne la langue bretonne", a au contraire critiqué dans un communiqué le Parti Breton, une formation indépendantiste.

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