Régionales en Bretagne : les questions au lendemain du second tour

Jean-Yves Le Drian applaudi à la ferme de la Harpe à Rennes après sa victoire au second tour des élections régionales / © J.M. Piron
Jean-Yves Le Drian applaudi à la ferme de la Harpe à Rennes après sa victoire au second tour des élections régionales / © J.M. Piron

Ce lundi, la région Bretagne s'est réveillée avec le retour à sa tête du socialiste Jean-Yves Le Drian. Le ministre de la Défense a emporté haut la main ce scrutin (51,41%), écrasant ses adversaires. Comment va-t-il cumuler ses deux postes? C'est une des questions, au lendemain du scrutin.

Par Thierry Peigné

Le résultat est sans appel. Ce dimanche soir, Jean-Yves Le Drian a terrassé ses adversaires lors de ce scrutin des Régionales. Une victoire exemplaire pour les socialistes qui ont réussi dimanche soir à limiter les dégâts au niveau national.
Large victoire de Jean-Yves Le Drian (PS) au second tour des élections régionales 2015 en Bretagne / © France 3
Large victoire de Jean-Yves Le Drian (PS) au second tour des élections régionales 2015 en Bretagne / © France 3


Cette victoire dans un fauteuil, qui résonne comme un triomphe personnel, Jean-Yves Le Drian l'obtient grâce à une liste "d'ouverture et de rassemblement". Une équipe de campagne qui a dû gérer la campagne électorale avec une présence à minima de sa tête de liste, le ministre-candidat étant happé par ses fonctions exécutives à la suite des attentats de Paris. 

Comment cumuler présidence de la région et ministère de la Défense ?

Cette question a souvent été posée par ses adversaires, qui ne se sont pas privés de qualifier la position de Jean-Yves Le Drian "d'indigne" et de "non respectueuse" pour les électeurs bretons.

Dès dimanche soir, Jean-Yves Le Drian le réaffirmait : il sera président de région et ministre de la Défense "tant que le Président de la République le jugera nécessaire". Un cumul des mandats unique au sein du gouvernement, à l'encontre des règles fixées par François Hollande, mais "justifiée" par la situation de l'état d'urgence : "l'exception Le Drian"

A la question de savoir comment il va procéder pour remplir pleinement sa fonction de Président de la Bretagne, l'intéressé se dit très bien entouré par son équipe pour gérer la Région et répond sur sa présence par un "Ne vous inquiétez pas. Vous me verrez". Il reste encore discret sur la méthode employée et les rôles attribués aux hommes et femmes clefs de son équipe.

Sur sa fonction de ministre de la Défense, il a répondu ce lundi matin qu'il "ne sera pas ministre à mi-temps" et entend bien répondre aux attentes de François Hollande pour lequel "il était compliqué pour le Président de se séparer du ministre de la Défense".

Quelle opposition dans l'assemblée régionale ?

Pour diriger la région, Jean-Yves Le Drian dispose d'une majorité absolue confortable de 53 conseillers régionaux sur les 83 qui siègent à l'assemblée. Il est certain que les 12 postes obtenus par la liste Front national de Gilles Pennelle vont afficher une opposition farouche, bien plus que celle des 18 conseillers de la liste de droite et du centre de Marc Le Fur. Les socialistes n'auront par contre plus à batailler avec les représentants d'Europe Ecologie - Les Verts sur les questions environnementales, ces derniers étant absents du second tour faute de fusion avec la liste Le Drian.

Quel avenir pour la droite ?

En 2010, lors des dernières élections régionales, Bernadette Malgorn (DVD) avait réalisé 32,36% des suffrages derrière la liste Le Drian à 50,27%. Celui qui a succédé à l'ex-préfète de Bretagne dans la course à la Région, Marc Le Fur (LR), n'a pu réaliser que 29,72% ce dimanche. Une erreur de casting ? Un retour utopique de la droite à la tête de la Région ? Ou tout simplement un combat perdu d'avance face à un Jean-Yves Le Drian "Redoutable" en ses terres bretonnes, qui a su capitaliser sur sa notoriété et sa popularité de ministre préféré des Français ? La droite va devoir analyser ses résultats et se chercher sans doute un nouveau leader, rassembleur, qui présenterait "une nouvelle offre politique".

Et l'implantation du Front national?

D'élections en élections, le Front national continue de progresser en Bretagne. Il a même amélioré son résultat du 1er tour de dimanche dernier et pointe dorénavant à 18,87% des suffrages. Un score qui lui permet de revenir au Conseil régional avec 12 postes.

Son implantation en Bretagne est une évidence. Dans son discours de grand vainqueur, Jean-Yves Le Drian a mis l'accent sur l'effort à fournir dans les années à venir pour chercher à comprendre les électeurs du FN "Ce vote a révélé des colères, des peurs, des frustrations qui sont allées se réfugier dans des choix qui sont à l'opposé de la Bretagne". Quelles réponses apporter à ceux qui se sont tournés vers le parti extrémiste, ne trouvant plus de réponses à leurs attentes dans les partis ayant déjà exercé le pouvoir ? C'est sans conteste, l'une des principales réponses que devront rapidement apporter les politiques en place.

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