Saint-Malo: le rappeur tunisien Weld El 15 placé en détention provisoire

© France 3 Bretagne
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Symbole de la jeunesse tunisienne en révolte contre le gouvernement, le rappeur Weld El 15, de son vrai nom Ala Edine Yacoubi, a été placé en détention provisoire pour violences conjugales dans l'attente de son jugement en comparution immédiate.

Par T.P. avec AFP

Le rappeur tunisien Ala Edine Yacoubi fait partie de la jeunesse déçue du printemps arabe en Tunisie. Très connu dans les pays du Maghreb où un documentaire lui a été consacré, il est devenu le porte-parole de la liberté d'expression avec des chansons engagées contre les violences policières. Des actes qui lui ont valu de la prison ferme dans son pays.


Violences conjugales

"Il a été placé en détention provisoire vendredi soir à Saint-Malo  (Ille-et-Vilaine) dans l'attente de son jugement lundi pour avoir frappé et menacé de mort sa compagne après avoir forcé la porte de leur domicile", a déclaré Ronan Le Clerc, substitut du
procureur de la République à Saint-Malo, confirmant une information de Ouest-France.

Déjà condamné en 2015

Lors de l'audience prévue à 16h devant le tribunal correctionnel de Saint-Malo, le rappeur devra aussi répondre d'outrage vis-à-vis des policiers venus l'interpeller, qui l'ont trouvé en possession de stupéfiants. 

Le trentenaire, père d'un enfant né début 2017 en France, avait déjà été condamné en 2015 à plusieurs mois de prison avec sursis pour usage illicite de stupéfiants et pour des violences sur sa compagne. Il risque la révocation de son sursis.


Menacé d'expulsion

Ala Edine Yacoubi est par ailleurs visé par une procédure d'expulsion. Il est soupçonné d'avoir entretenu des liens d'amitié avec le rappeur Emino, parti en Syrie rejoindre l'Etat islamique. Deux perquisitions ont été faites à son domicile.

Le rappeur tunisien a nié tout lien avec des organisations terroristes. "Il ne faut pas mélanger. Il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac. Il ne faut pas qu'on tombe dans ce problème-là" avait-il indiqué à une de nos équipes.

Arrivé en France muni d'un visa "Compétences et talents", réservé aux artistes, l'artiste s'était vu notifier en avril 2016 par la préfecture d'Ille-et-Vilaine un refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire.

A la suite d'une procédure judiciaire au tribunal administratif de Rennes et en appel à Nantes, la préfecture d'Ille-et-Vilaine avait annoncé le 16 février dernier que le rappeur pouvait finalement venir retirer son visa "Compétences et talents" pour une durée de trois ans.

L'avocat du rappeur Me Matteo Bonaglia avait alors déclaré à l'AFP que "la police des étrangers est un domaine régalien", et que "le ministère de l'Intérieur pouvait toujours aller à l'encontre de ces décisions et décider de l'expulser".

Cette nouvelle affaire pourrait amener la préfecture à revoir sa décision, selon le substitut de Saint-Malo Ronan Le Clerc. "La décision de la préfecture lui appartient, elle décidera de ce qu'elle veut faire à l'issue de l'audience de lundi", a-t-il déclaré.

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