La vie des insulaires du Ponant racontée en photos dans une nouvelle revue

Plein feu sur la Saint Goustan célébrée à Hoëdic. C'est l'un des reportages du premier numéro de la revue ÎL(e)S. / © Revue ÎL(e)S - Xavier Dubois
Plein feu sur la Saint Goustan célébrée à Hoëdic. C'est l'un des reportages du premier numéro de la revue ÎL(e)S. / © Revue ÎL(e)S - Xavier Dubois

Raconter la vie insulaire, à l'extérieur, à l'intérieur, avec ceux qui la font, c'est le parti pris de Jean-Benoît Beven et Xavier Dubois. Ils ont fondé la revue "ÎL(e)S" qui fait la part belle à la photo. Pour le premier numéro, direction Belle-Île, Hoëdic, Molène, Ouessant...

Par Emilie Colin

208 pages de photos reportages, dédiées à la vie insulaire, c'est le credo d'une nouvelle publication entre le livre et la revue, "ÎL(e)S" lancée par Jean-Benoît Beven et Xavier Dubois. En juillet 2017, ils ont sorti leur premier numéro. 

Le quotidien du "peuple des îles" du Ponant se dessine ainsi en images avec par exemple un reportage sur l'agriculture à Belle-Île, dans un bistrot de l'île d'Yeu ou avec un entretien croisé des maires de Molène et Ouessant. L'espace de liberté est immense, avec parfois 35 pages pour un seul reportage et où la photographie domine.
Exemple de l'une des pages de la revue ÎL(e)S sur l'agriculture à Belle-Île / © ÎL(e)S - Erwan Amice
Exemple de l'une des pages de la revue ÎL(e)S sur l'agriculture à Belle-Île / © ÎL(e)S - Erwan Amice


Aller au-delà de la carte postale


Le deux hommes ont un lien avec les îles. Alors que Jean-Benoît Beven organise le festival des Insulaires, Xavier Dubois a de son côté réalisé un travail photographique sur les îles du Ponant. Au fur et à mesure des liens se sont tissés, et avec elle l'envie de raconter l'insularité autrement.

"On s'est rendu compte que la manière de parler des îles, notamment dans les médias, c'était toujours des marronniers (sujets qui reviennent), avec toujours ce côté négatif, sur les inégalités par rapport au continent, le manque de services ou, à l'opposée, c'est super les îles, pour les vacances." "On est assez rarement dans la vie des gens" confie Xavier Dubois. 

Il explique : "La vie sur une île c'est très différent par rapport à une vie sur le continent. Pour faire ses courses, les prix sont 30 % plus chers, mais pas les salaires. Faire faire des travaux, c'est plus compliqué et également plus coûteux. Faire faire des activités à ses enfants peut nécessiter de bloquer une journée entière. C'est le prix à payer pour avoir le privilège d'un cadre exceptionnel, d'un environnement sans voitures pour certains cas. Certains ont fait le choix d'y vivre car ils sont tombés amoureux du lieu. Il n'y a pas forcément d'explication rationnelle". 


Le photographe n'est pas là pour prendre, il est là parce qu'il veut faire partager des choses


Xavier Dubois insiste sur le choix de la photographie, un médium parlant et accessible à tous.  Avec Jean-Benoît Beven, ils veulent montrer les choses de la vie sur les îles, telles qu'elles le sont.


Indépendance financière


La revue doit sortir deux fois par an, l'été et en hiver. Les deux hommes y mettent de leurs poches uniquement. Pas de soutien financier ou de mécénat, pour rester totalement libre. "On sera payé les derniers. Le premier ce sera l'imprimeur, ensuite le fonctionnement de notre site internet et bien sûr les photographes." Les acteurs impliqués partagent l'envie de "prendre un risque ensemble".


On ne veut pas faire ça sur le dos des insulaires mais pour eux et avec eux. C'est notre premier public.


Les îliens peuvent effectivement participer à la revue en donnant des idées de sujets pour la suite. Le prochain numéro est prévu le 15 novembre. La revue est disponible dans les librairies, de toutes les villes portuaires ou en ligne sur le site internet dédié. 





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