Une forte abstention peut-elle invalider les élections législatives ?

Bureau de vote à Olivet (Loiret) / © F3 Centre VDL - A.H
Bureau de vote à Olivet (Loiret) / © F3 Centre VDL - A.H

L'abstention finale au second tour de ces élections législatives devrait s'élever à 57%, un record historique, selon notre estimation Ipsos/Sopra Steria. A 17h, le taux de participation est très bas en Centre-Val de Loire, 35,33% contre 46,42% en 2012.

Par Fabienne Marcel

L'abstention devrait atteindre 57% au second tour des élections législatives, dimanche 18 juin, selon une estimation Ipsos/Sopra Steria* pour France Télévisions et Radio France, publiée à partir des chiffres de la participation à 17 heures, communiqués par le ministère de l'Intérieur. Un chiffre record depuis 1958 et les débuts de la Vème République.
Le niveau serait largement supérieur au précédent record atteint en 2012, où l'abstention avait atteint 44,6% au second tour.

Une forte abstention peut-elle invalider l’élection ?


Le bruit court qu’une forte abstention pourrait invalider l’élection de ce dimanche. Mais il n’en est rien. Ce scrutin se jouera bien quel que soit le nombre de votants. Dans les scrutins publics en France, il n'y a pas de quorum requis, comme pour une Assemblée Générale d’Entreprise.
Exemple extrême, même un scrutin soldé par un taux d’abstention de plus de 70 % – comme ce fut le cas pour le référendum sur le quinquennat en 2000 – n’a pas empêché la mesure de passer.

À l’issue du vote de ce second tour des législatives, il semble que la « majorité silencieuse »  va encore prédominer dans le pays. Selon les premières estimations, environ 57 % des Français en âge de voter ont rejeté l’offre politique de ce scrutin, si l’on additionne les abstentionnistes, les bulletins blancs et nuls, et les non-inscrits (sur les listes électorales).
Si ce chiffre venait à être confirmé, il y aurait de quoi relativiser la représentativité des partis, de plus en plus contestée.

Pour lutter contre l'absention, certains pays ont choisi...  l'amende


Si l’abstention, même majoritaire, n’a pas d’effet sur le résultat d’un scrutin, certains pays ont décidé de se mobiliser, En Belgique par exemple, la participation aux élections avoisine les 90%.
Comment ?  Le vote y est obligatoire.

En Belgique, on risque en théorie une amende de 30 à 60 euros pour une première absence au bureau de vote.


En France, le vote n’est obligatoire que pour les « Grands Electeurs » aux élections sénatoriales (amende : 100 euros). De même, le code électoral rend obligatoire l’inscription sur les listes électorales (article.9 du code électoral), mais sans prévoir de sanction. Néanmoins le débat est lancé. En 2015, François de Rugy, alors député EÉLV, a proposé une loi pour rendre le vote obligatoire et sanctionner ceux qui n'iraient pas voter.


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