Frelon asiatique : la terreur des ruches

© MAX PPP
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Même si leur durée de vie est courte, six mois, les frelons asiatiques sont la plaie des ruches et le cauchemar des apiculteurs. En dehors de leur destruction par des professionnels, reste une solution : le piégeage. Pour quelle efficacité?

Par Théophile Mbaka

L'histoire a retenu que le frelon asiatique est arrivé en Europe en 2004. Passager clandestin dans une poterie en provenance de Shanghaï en Chine, il a débarqué au port de Bordeaux en Gironde et n'a pas demandé son reste pour disparaitre dans la nature et coloniser l'espace national. En Région Centre Val de Loire, le frelon asiatique a fait son apparition il y a environ quatre ans.
 

Redoutables prédateurs


Durant des décénies les apiculteurs ont dénoncé et combattu les effets délétères du Gaucho et du Regent, Deux redoutables insecticides qui ont décimé des colonies d'abeilles. L'arrivée du frelon asiatique est dès lors vécu comme le coup de grâce.
Lorsqu'une abeille mesure 15 mm et pèse cinq centièmes de gramme, le frelon asiatique est un colosse. Il fait 3 cm et pèse six grammes. Sans oublier son dard qui peut atteindre six millimètres.
Reconnaissable à son abdomen noir strié de bandes jaunes, c'est un redoutable prédateur. Arrivés sur une ruche, cette armée de géants a vite fait de décapiter des centaines d'abeilles. C'est l'hécatombe. Avides de chair faîche, ils récupèrent les abdomens de leurs adversaires, riches en protéine qui vont servir à nourrir leurs propres larves. Stressées, les abeilles n'osent plus quitter leurs ruches pour aller butiner. Conséquence, la production de miel chute.

Quand les frelons sont attaqués


Pris de court, les apiculteurs ont d'abord assisté impuissants à l'hécatombe avant d' organiser l'offensive. Face à cet ennemi, il fallait un traitement approprié. Mais vouloir éradiquer les frelons revenait à s'exposer à un retour de flamme. Les abeilles auraient pu par ricochet en patir,  C'est ce que les stratèges  nomment, des dégâts collatéraux.
Alors les apiculteurs comme Michel Tremeau, vice-président du Centre d'Etudes Techniques Apicoles du Loiret Centre et Gâtinais ont imaginé des solutions écologiques et économiques. Il propose un appât sélectif, une soupe. C'est un mélange de sirop de grenadine ou de cassis, un demi-volume de bière brune et un quart de vin blanc. Ce dernier breuvage est un repoussoir pour les abeilles.
A la difference des frelons qui  sont avides de cette mixture, Ils s'y jettent goulûment et adorent l'alcool. Notamment l'hydromel, 12 ou 15 ans d'âge.
C'est grâce cette lutte acharnée que les apiculteurs de la Région Centre Val de Loire espèrent non pas venir à bout des frelons asiatiques mais réduire leur capacité de nuisance.
Classés par l'Etat " danger sanitaire de catégorie 2 pour les abeilles " le frelon asiatique sort d'hibernation mi Avril et part en chasse jusqu'à la fin Novembre voire Décembre. La chasse est ouverte. Et le compte à rebours a commencé.

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