Grippe : la ministre de la Santé craint un bilan “lourd” cette année

Les urgences des petits hôpitaux se préparent à un afflux de patients (Illustration aux Urgences de la Timone (APHM) à Marseille) / © MaxPPP
Les urgences des petits hôpitaux se préparent à un afflux de patients (Illustration aux Urgences de la Timone (APHM) à Marseille) / © MaxPPP

Le bilan de l'épidémie de grippe, qui devrait atteindre son pic la semaine prochaine, sera "probablement lourd" cette année, a averti Marisol Touraine. Une réunion doit se tenir à 9h00 jeudi à l'Elysée. En région Centre-Val de Loire, les urgences des petits hospitaux sont sur le qui-vive.

Par Cl.M. avec AFP

Cette année, plus que les précédentes, l'épidémie de grippe inquiète. Le pic n'a pas encore été atteint que l'on s'attend déjà un "lourd" bilan, cette année, selon la ministre de la Santé, Marisol Touraine. 

"Chaque année, il y a des victimes de la grippe", mais cette année, l'épidémie est "particulièrement intense" et le nombre de personnes malades "particulièrement important", a souligné la ministre, lors d'un point sur cette épidémie, qui devrait atteindre son pic la semaine prochaine.

Le nombre de personnes qui ont consulté leur médecin pour des symptômes grippaux a continué à augmenter la semaine dernière, atteignant 395 pour 100.000 habitants, contre 326 la semaine précédente, selon le bulletin hebdomadaire de Santé publique France, publié mercredi.

Le nombre de passages aux urgences liés à cette maladie virale a en revanche commencé à diminuer (4.788 contre 5.745), tout comme les hospitalisations (787 contre 1.035).

Dans les petits centres hospitaliers de Centre-Val de Loire, les urgences restent sur le qui-vive. A Romorantin (41), par exemple, on n'a pas encore fait face à un afflux de patients, mais on s'y prépare.
Romorantin : les urgences des petits hôpitaux se préparent à l'épidémie de grippe
Alors qu'on annonce un pic pour l'épidémie de grippe en France la semaine prochaine, les urgences des petits hôpitaux régionaux sont sur le qui-vive. Elles n'ont pas encore reçu un afflux de patients mais s'y préparent, comme par exemple à Romorantin dans le Loir-et-Cher.  - France 3 Centre-Val de Loire - Arnaud Moreau, Charles Krief et Alexis Guedes

Attention aux personnes âgées

Mais, comme de nombreux patients ont été hospitalisés pour grippe ces dernières semaines (en grande majorité des plus de 80 ans), avec durée moyenne d'hospitalisation de 10 à 15 jours, "l'enjeu, c'est de garantir qu'il y a des lits d'hospitalisation disponibles" pour les nouveaux patients, a expliqué la ministre.

"Toute personne qui a besoin d'être soignée l'est", a-t-elle assuré, lors des questions au gouvernement, à l'Assemblée nationale.

Pour faire face à cette situation, 142 hôpitaux sur les 850 du pays se sont déclarés "établissement de santé en tension", un dispositif qui permet d'ajouter des lits d'hospitalisation, de rappeler du personnel soignant en congé ou de déprogrammer des soins et des opérations non urgentes.

Certains établissements ont déjà utilisé cette dernière possibilité, mais Marisol Touraine les a incités mercredi à le faire davantage "si nécessaire".

Il y a trois jours, ces hôpitaux "en tension" n'étaient que 86, a précisé le ministère, ajoutant qu'ils étaient répartis sur tout le territoire.

Trois hôpitaux - Troyes (Aube), Firminy (Loire) et Sens (Yonne) - ont même déclenché le "plan blanc", un cran supplémentaire réservé aux urgences sanitaires qui dépassent les capacités de réponse d'un hôpital.

"On a fermé trop de lits"

La ministre a aussi invité les médecins libéraux à traiter le plus possible les malades "à leur cabinet ou au domicile", pour éviter davantage d'hospitalisations.

L'association AD-PA, qui regroupe les directeurs de services à domicile et de maisons de retraite (Ephad), a demandé mercredi "des renforts exceptionnels dans les établissements (de personnes âgées) et services à domicile", craignant que "les personnes âgées qui devraient être hospitalisées" ne puissent pas l'être.

"On a fermé trop de lits au cours des 20 dernières années, notamment des lits conventionnels qui pouvaient accueillir des patients des urgences" en cas de besoin, a critiqué Patrick Pelloux, médecin urgentiste à Paris et syndicaliste, sur BFMTV, appelant à une "politique de réouverture de lits d'hôpitaux".

"La grippe, c'est tous les ans, et tous les ans nous connaissons cette situation" d'engorgement, "et pourtant rien ne change", a aussi déploré Philippe Juvin, chef des urgences de l'Hôpital Georges-Pompidou et député européen (LR), sur RTL.

Commencée début décembre, l'épidémie de grippe devrait atteindre son pic "la semaine prochaine", avant de refluer, selon l'agence Santé publique France.

En quatre semaines, 784.000 personnes ont consulté un médecin pour une grippe, selon le réseau de surveillance Sentinelles-Inserm.
Aux Urgences de Marseille, l'afflux des patients atteints de la grippe. / © MaxPPP
Aux Urgences de Marseille, l'afflux des patients atteints de la grippe. / © MaxPPP

52 morts depuis novembre

L'hiver dernier, le virus de la grippe n'avait pas généré d'excès de mortalité, mais il y a deux ans, on avait constaté une surmortalité de 18.000 personnes, en partie attribuable à la grippe.

Si le virus de cette année est du même type que celui d'il y a deux ans, le vaccin est cette fois mieux adapté, ce qui laisse espérer un retentissement moindre, a toutefois expliqué Daniel Levy-Bruhl, responsable de l'unité infections respiratoires et vaccination à Santé publique France.

Depuis le 1er novembre, 52 personnes sont décédées de la grippe en réanimation à l'hôpital, selon Santé publique France. L'agence constate par ailleurs une "nette hausse" de la mortalité toutes causes confondues sur les deux dernières semaines de 2016, mais souligne qu'il est trop tôt pour estimer la part de cette surmortalité liée à la grippe.

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