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Jacqueline Sauvage ne se sent “pas du tout coupable” et remercie François Hollande

Jacqueline Sauvage a pris pour la première fois la parole publiquement sur France 2, vendredi soir. / © FTV
Jacqueline Sauvage a pris pour la première fois la parole publiquement sur France 2, vendredi soir. / © FTV

Jacqueline Sauvage a, pour la première fois, pris publiquement la parole vendredi soir sur France Télévisions. Invitée de France 2, elle a notamment déclaré qu'elle ne se sentait "pas du tout coupable" du meurtre de son mari violent. Ses déclarations ont suscité un grand nombre de réactions.

Par Cl.M. avec AFP

"Je n'en reviens toujours pas", a confié vendredi soir Jacqueline Sauvage, libérée de prison après avoir été graciée par François Hollande.

Invitée du journal télévisé de France 2, elle a notamment déclaré qu'elle ne se sentait "pas du tout coupable" du meurtre de son mari violent pour lequel elle avait été condamnée à dix ans de prison, et a remercié le chef de l'Etat.

"Je ne suis pas du tout coupable", a répondu Jacqueline Sauvage, interrogée par Laurent Delahousse, lors de sa première intervention depuis sa libération le 28 décembre après quatre ans derrière les barreaux. Cette femme de 69 ans avait tiré trois fois dans le dos de son époux, le tuant après 47 ans d'une vie commune marquée par les violences conjugales.

Lors des procès, en octobre 2014 puis en appel en décembre 2015, les trois filles de Jacqueline Sauvage avaient témoigné à charge contre leur père, expliquant avoir été violées et battues, comme l'avait été leur mère. 

Faire évoluer le droit

Les avocates de Jacqueline Sauvage ont saisi l'occasion de cet entretien télévisé pour plaider pour une évolution du droit français, en prenant l'exemple de ce qui se fait au Canada où est reconnu un syndrôme des femmes battues.

Au Canada, on considère "que ces femmes doivent être entendues avec des notions psychanalytiques, a déclaré Me Janine Bonaggiunta. C'est-à-dire que ces femmes n'ont pas la même réaction que nous face à cette terreur quotidienne".

"Il faut mettre en avant le fait que ces femmes victimes de violences conjugales ne sont pas entendues, sont isolées, ne sont pas prises en compte, contrairement à ce que l'on pense", a-t-elle également déclaré.

Remerciements

Cette libération, "je n'en reviens toujours pas", a réagi Jacqueline Sauvage. 

"Je remercie beaucoup M. Hollande" qui "a été très sensible et a écouté vraiment mes filles". Elle a indiqué avoir appris la nouvelle de sa grâce alors qu'elle était en train de rédiger une nouvelle demande de libération conditionnelle, dans sa cellule de la prison de Réau, en Seine-et-Marne. "A ce moment-là, la porte s'est ouverte, la gradée m'a dit: 'Vous n'avez pas entendu ce qu'on a annoncé? (...) Vous êtes libre'". "Alors là, j'ai levé les bras au ciel et j'ai dit: 'Merci, merci!'", a-t-elle poursuivi.

Jacqueline Sauvage a remercié tous les gens qui l'ont "aidée" et "soutenue" et qui lui ont envoyé "des centaines de courriers", des "personnes de tous âges, des jeunes, des mamies".

Elle a exprimé son intention de "soutenir les femmes qui ont subi des violences de leurs conjoints" et de "les aider" dès qu'elle sera "bien reposée".

L'Elysée avait annoncé le 28 décembre la grâce totale de Jacqueline Sauvage, une décision qui a soulevé des critiques, notamment parmi les magistrats.

François Hollande l'avait déjà graciée partiellement le 31 janvier, lui permettant de demander une libération conditionnelle. Mais cette demande avait été rejetée en première instance, puis en appel.

Réactions

La demande de grâce avait été relayée par un comité de soutien mais aussi par plusieurs responsables politiques et a suscité à la fois des réactions d'indignation et de soutien.

L'ancienne garde des Sceaux, Christiane Taubira, avait salué le geste de François Hollande.

Hier soir, les déclarations à la télévision de Jacqueline Sauvage ont suscité un grand nombre de réactions, comme sur les réseaux sociaux. Certaines, des témoignages de joie pour sa libération.


D'autres, des témoignages scandalisés de citoyen.ne.s qui estiment par exemple que Mme Sauvage n'était "pas le bon symbole".

 

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