Salon des caricaturistes à Orléans : que reste-t-il de l'esprit Charlie hebdo ?

© FM- F3 CVDL
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Pendant deux jours, il est possible de rencontrer des dessinateurs de presse à l'Orangerie du jardin des plantes d'Orléans. L'occasion de se faire caricaturer mais aussi de discuter avec des dessinateurs de presse qui subissent encore des pressions, 2 ans et demi après la tuerie de Charlie Hebdo.

Par Fabienne Marcel avec Jennifer Baïa

Deux ans et demi après l'émotion qu'avait suscitée l'attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo, où le 7 janvier 2015, les frères Kouachi assassinaient 11 personnes dans les locaux de l'hebdomadaire satirique, être caricaturiste en France reste difficile. Que reste-t-il de l'esprit Charlie  que beaucoup brandissaient comme un étendard ? Nous avons profité de Caricat, le festival orléanais de caricature qui se tient du 4 au 5 novembre à l'Orangerie du jardin des plantes, pour aller donner la parole aux artistes présents.

Le second degré, un concept inaccessible pour certains

Des dessins pour faire rire, pour faire réagir aussi, Jean-Michel Renault en réalise depuis plus de 40 ans. Auteur d'un ouvrage, au nom évocateur : « Censure et Caricatures »… Face à la critique, il ne mâche pas ses mots. 

Tous les fondus de religion ont du mal à comprendre le second degré. Alors que nous, on dessine au second degré. Pour une information lourde on essaye de trouver un contre-pied pour la dédramatiser d'une certaine façon. Pour dénoncer parfois mais c'est surtout pour dédramatiser. 

Un second degré qui décidément a du mal à passer sur les réseaux sociaux.  Depuis sa dernière Une sur l'affaire Tarik Ramadan Charlie Hebdo est à nouveau malmené sur Twitter.
L'hebdo satirique fait même l'objet de menaces. De quoi faire couler beaucoup d'encre dans les médias.


Alors que la mémoire des victimes de Charlie est encore présente. Face à la polémique, l'autocensure n'est pas acceptable pour Laurent Battistini, dessinateur de presse " On est tous des créatifs à la base. Si on doit morceler notre idée première, on peut ranger les crayons." Raphaël Donay alias Rafagé, dessinateur de presse :

Je ne comprends pas. Il n'y a pas si longtemps tout le monde était Charlie. Et 6 mois après plus personne n'était Charlie. Ça a été une mode qui est passée très très vite. Je trouve que souvent les gens sont très hypocrites.

 
Pour conserver ce droit fondamental de libre expression et de pouvoir rire de tout, la responsabilité nous appartient donc à tous.


Voir reportage de Jennifer Baïa, Isabelle Racine et François Belzeaux
Salon des caricaturistes à Orléans : que reste-t-il de l'esprit Charlie Hebdo ?

 

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