Une pétition de soutien à Antoinette Kaak contre l'abattage des cervidés sur ses terres

Des biches, en forêt (Illustration). / © MaxPPP
Des biches, en forêt (Illustration). / © MaxPPP

Sur le site change.org, une pétition appelle à se mobiliser contre le prélèvement de 60 cervidés présents sur les terres d'Antoinette Kaak, dans le sud du Cher.

Par Clément Massé avec AFP

C'est la première fois qu'elle lance une pétition. Sur change.org, Emilie Robin a créé son propre appel à se mobiliser contre la décision de justice qui appuie un arrêté préfectoral demandant à Antoinette Kaak, propriétaire de terres dans le sud du Cher, de prélever 60 cervidés.

Dans sa pétition, Emilie Robin appelle à agir "contre l'abattage massif de ces cervidés!"

Comment agir ?

Elle explique avoir réagi aux articles publiés dans la presse, notamment sur notre site Internet, France 3 Centre-Val de Loire.

"La plupart de vos lecteurs se demandaient comment agir... L'idée d'une pétition est vite venue, écrit-elle dans un échange par messagerie. Je me suis donc lancée en espérant que cela remontera jusqu'aux acteurs concernés".

Sur l'objectif affiché de 1.000 signatures de soutien, l'auteure de la pétition en était déjà à 670, lundi soir un peu avant 19h.

Le texte de la pétition est visible, ici >> http://bit.ly/2ix293N

Les faits 

La préfecture du Cher avait fait injonction à la propriétaire d'abattre huit cerfs et cinquante-deux biches. Antoinette Kaak avait tenté un recours devant le tribunal administratif d'Orléans qui l'a rejeté mercredi dernier (21 décembre).

Forcément, nous ne les chassons pas, et comme ils ne peuvent pas franchir l'autoroute, ils stationnent dans les bois et près de l'étang (A. Kaak)


L'exploitation d'Antoinette Kaak, un haras de 125 hectares en bordure de l'autoroute A71 Paris-Clermont-Ferrand, accueille plus d'une centaine de cervidés sauvages, selon les comptages effectués par l'Office national de la chasse et de la faune sauvage.

"Forcément, nous ne les chassons pas, et comme ils ne peuvent pas franchir l'autoroute, ils stationnent dans les bois et près de l'étang", admet l'agricultrice, très déçue par ce jugement qui l'oblige à "prélever", c'est-à-dire à tuer trois fois plus d'animaux qu'en 2014.

Si elle ne s'exécute pas, elle risque une amende de 1.500 euros. Et, surtout, un lieutenant de louveterie procèdera aux chasses à sa place. "C'est ce qui se produit déjà. On entend les coups de feu jusqu'à 23h00 ou minuit. Impossible de dormir alors qu'ici c'est la campagne", témoigne son fils Albert, 22 ans. 

"Ce jugement est la conséquence d'un système absurde et délirant qui oblige une agricultrice à prélever des animaux sauvages, alors qu'ils se réfugient chez elle", argumente Me Vincent Lazime. "Dans le Cantal ou en Alsace, les plans de chasse imposent des prélévements de quelques unités seulement pour l'équivalent de cette surface", fait valoir l'avocat. 

L'A71 bloque les animaux

Le jugement du tribunal d'Orléans ne mentionne pas l'origine de la situation, à savoir l'impossibilité pour les animaux de franchir l'autoroute A71, les confinant ainsi sur le territoire du haras.

"Autrefois, des chasses à courre se déroulaient entre les bois de Tronçais à l'est et de Bornacq à l'ouest. Aujourd'hui, l'autoroute interrompt les va-et-vient du gibier", relève le fils de l'exploitante.

"Pour me faire accepter un premier plan de chasse de sept bêtes en 2006, la préfète de l'époque avait promis la construction d'un pont de grand passage, il n'a jamais été réalisé, sans doute en raison de son coût, estimé à 5 millions d'euros", déplore Antoinette Kaak.

De son côté, la société Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (APRR) estime que les franchissements existants sont suffisants, une position validée par les services de l'Etat.

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