Sixième homicide en Corse

Les pompiers ont d’abord cru que la victime, Gabriel Cortes, 22 ans, était décédée après une sortie de route à Caporalino. Mais l'examen du corps a établi que Gabriel Cortes avait été atteint par un ou plusieurs coups de feu.

  • Par Jean Crozier
  • Publié le , mis à jour le
Technicien de police scientifique et technique (illustration) © FTViastella

© FTViastella Technicien de police scientifique et technique (illustration)

Gabriel Cortes, connu de la police pour des affaires mineures, a été tué de deux décharges d'arme à feu, dont une dans la tête.

Ce nouveau décès a d'abord été présenté comme la conséquence d'un accident de la circulation.
Le cadavre de Gabriel Cortes a été trouvé par les pompiers près de sa voiture, dont il a été éjecté dimanche vers 23H00 près du village de Caporalino,
à une dizaine de km au nord de Corte, au centre de la Corse, sur la route nationale 193 reliant Ajaccio à Bastia.

Reportage de Sébastien Tieri et Daniel Bansard comportant des images d'archives de Gabriel Cortes  datant de 2007.
La PJ enquête

Dans la nuit de dimanche à lundi

Les faits se sont produits dans la nuit de dimanche à lundi : les pompiers sont appelés sur place pour un accident de la route. Mais arrivés sur les lieux, ils constatent que le conducteur de la voiture, éjecté sous la force du choc, est décédé.

La configuration des lieux, l’état de la victime – qui aurait reçu deux balles dans la tête – et les blessures apparentes de cette dernière, un jeune homme de 22 ans, leur laissent croire à un tragique accident de la route.
Ce n’est qu’après le transfert de la dépouille au centre hospitalier de Bastia que le personnel soignant, intrigué par la nature des blessures, a découvert les traces d’impacts de munitions d’armes à feu, dont le calibre n’a pas encore été déterminé.


La PJ en charge de l'enquête de flagrance​

Une autopsie a été ordonnée par le parquet pour déterminer le type d'arme utilisée.
Le parquet a ouvert une enquête de flagrance qui a été confiée à la police judiciaire.
La police scientifique et technique, encore présente lundi après-midi sur les lieux, tentait de déterminer les circonstances exactes de ce nouvel homicide.

Ce nouvel homicide est le sixième survenu en Corse depuis le début de l'année.

 

Le sixième homicide de l'année 2013

C'est la sixième victime d'un homicide en Corse depuis le 1er janvier et le cinquième tué par balles.
Deux tentatives d'assassinat à l'arme à feu ont aussi été enregistrées.

Cinq hommes tués par balles

Le 10 mars, un homme de 37 ans, Jérôme Salvadori, connu des services de police et qui avait été condamné pour meurtre, a été tué par balle dans la rue centrale du village de Venaco (Haute-Corse).
Un autre homme, connu de la police, Anthony Galliot, 39 ans, condamné à dix ans de prison en 2010 dans une affaire de vol d'or en Suisse, en 2004, était tombé le 1er mars sous les balles à Sainte-Lucie-de-Porto-Vecchio (Corse-du-Sud).

Le 24 février, c'est un ouvrier agricole marocain, Tahit Adaimé, 65 ans, qui était tué d'une balle de 9 mm, chez lui à Prunelli-di-Fiumorbu (Haute-Corse).

Douze jours plus tôt, un gérant d'établissement de nuit, Dominique Lorenzi, 40 ans, était exécuté au volant de sa voiture à Ajaccio près d'une manifestation d'enseignants.

Le premier tué de l'année avait été un jardinier d'origine tunisienne, Hassen Jamai, 61 ans, dont le corps lardé d'une dizaine de coups de couteau avait été découvert à son domicile, près d'Ajaccio, le 28 janvier.

A l'exception de cette affaire, dans laquelle l'enquête s'est orientée sur la piste d'un différend familial, aucune autre n'a été élucidée.

Deux tentatives d'homicides ont en outre été commises depuis le 1er janvier

Un militant nationaliste connu de la police a été légèrement blessé par balle le 6 février. Le 25 janvier, le père d'un homme assassiné en septembre 2011 a été pris pour cible par un tueur en moto, alors qu'il venait d'arrêter devant un café son 4x4, à bord duquel se trouvaient son épouse et leur petite-fille âgée de trois ans.

19 homicides en 2012
En 2012, 19 homicides et 16 tentatives ont été officiellement perpétrés en Corse dont la population est de 310.00 habitants, ce qui fait de l'île, où la plupart des affaires n'ont pas été élucidées, l'une des zones les plus criminogènes d'Europe.

Face à cette spirale meurtrière, le gouvernement avait annoncé en novembre une série de mesures destinées à lutter contre la grande criminalité.

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Reportage : Maia Graziani et Christian Giugliano

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