Villas Ferracci à la Rondinara : les associations s'indignent contre la décision de justice

ILLUSTRATION - Vue du site de la Rondinara (Corse du Sud), en 2009. / © GERARD BALDOCCHI / MAXPPP
ILLUSTRATION - Vue du site de la Rondinara (Corse du Sud), en 2009. / © GERARD BALDOCCHI / MAXPPP

La Cour d'Appel de Bastia a condamné le propriétaire de deux villas appartenant à Pierre Ferracci, construites sur un site protégé de la baie de Rondinara, à une amende d'un million d'euros mais n'a pas décidé de démolir les bâtiments.

Par Anouk Passelac

Plusieurs associations corses sont indignées par la décision de la Cour d'Appel de Bastia concernant le projet immobilier à la Rondinara, près de Bonifacio.

Jeudi, celle-ci a condamné Sponsaglia, la société civile immobilière de Pierre Ferracci, proche d’Emmanuel Macron, à une amende d'un million d'euros pour avoir lancé la construction de deux villas sur le site protégé de la baie de Rondinara. Mais la justice n'a pas ordonné la démolition des deux maisons.

Selon un communiqué de U Levante, une association de protection de l’environnement corse, « au-delà de l’aspect illégal du vandalisme, il y a l’illégitimité, l’atteinte immatérielle, morale ».



Une jurisprudence jugée conciliante pour les plus fortunés


Cette association s’est constituée partie civile avec l’Association bonifacienne comprendre et défendre l’environnement (ABCDE). U Levante craint que cette décision qui fait jurisprudence entraîne davantage de dérives à l’avenir :

Si une famille puissante (financièrement et relationnellement) se permet de construire,  sans permis, dans un lieu protégé, vierge, sans respecter l’arrêté interruptif de travaux qui lui a été signifié et n’est condamnée qu’à une amende (faible comparée à la valeur estimée des deux villas), sans obligation de détruire, la porte s’ouvre pour une bétonisation illimitée de lieux, pour l’instant indemnes, par des personnes fortunées qui se moqueront d’avoir à payer une amende.

Le Club la Gauche autonomiste a également réagit dans le même sens. Dans un communiqué, son représentant Vincent Carlotti, estime que la décision de justice apparaît « comme la possibilité accordée aux plus fortunés de prendre des libertés avec les normes de constructibilité, pour peu qu’ils soient en capacité de supporter le coût d’une forte amende. »

L’association Rinnovu Naziunali critique aussi la décision de la Cour d’Appel de Bastia qui fait prévaloir « les intérêts personnels » sur la question du patrimoine.


 

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