Bastia : discorde immobilière autour de l'ancien hôtel “Île de beauté”

Hôtel Ile de beauté (Archives) / © MAXPPP
Hôtel Ile de beauté (Archives) / © MAXPPP

À Bastia, un projet immobilier suscite la polémique. L’ancien hôtel « Île de beauté », fermé depuis 1991, devrait être transformé en résidence de grand standing. Les opposants à la municipalité dénoncent un projet pharaonique au prix démesuré.

Par Audrey Altimare

À l’angle de la rue Gabriel Peri à Bastia, l’hôtel « Île de beauté ».  Le bâtiment est à l’abandon depuis plus de 20 ans.

Haut lieu des soirées bastiaises pendant près d’un siècle, l’établissement a fermé ses portes en 1991. Et ceux qui l’ont connu du temps de sa splendeur aimeraient le voir réhabilité.

Bientôt, la bâtisse devrait être détruite pour laisser place à une promotion immobilière de grand standing qui devrait compter 75 appartements. Au rez-de-chaussée des emplacements pour des commerces sont prévus, et les résidents pourraient profiter d’un parking sous-terrain.


Entre 5 000 et 9 000 euros du mètre carré


Le prix du mètre carré est estimé entre 5 000 et 9 000 euros. Pour un immeuble situé à deux pas de la gare, cela a de quoi étonner les riverains. "Le bruit des chemins de fer ça commence à 5 heures du matin. Moi, même si on me l'offrait, je ne le prendrais pas", estime un passant.

Bastia : discorde immobilière autour de l'ancien hôtel "Île de beauté"
Intervenants : Auguste, riverain ; Jacques, riverain ; Julien Morganti Conseiller municipal d'opposition ; Paul Tieri Adjoint au maire de Bastia en charge de l'urbanisme. Reportage : GRAZIANI Maia ; LEMEUR Camille ; Kinany Ramsey


Julien Morganti, conseiller municipal d’opposition, ne trouve aucune vertu à ce projet. Selon lui avec des prix deux à trois fois supérieurs au prix moyen du marché bastiais, le coût à l’achat est prohibitif. Et il ne comprend pas pourquoi la mairie a délivré le permis de construire. "Ce projet n'est pas viable, donc pourquoi est-il assumé et soutenu par la municipalité ?

On a un bâtiment historique, on peut le sauver, on est dans le Fango, il y a d'autres poches à urbaniser notamment en fonction de la gare. Donc on voit bien qu'il faut résonner d'un point de vue d'ensemble et non pas d'un simple projet immobilier
", indique-t-il. 

À la mairie, on se défend. La commune ne pouvait pas ni fixer les prix de vente, ni refuser de permis à un promoteur privé qui répondait d’autant plus à tous les critères établis. "Il y avait des contraintes notamment en terme d'amiante où les tests se sont avérés négatifs. Il y avait des contraintes au niveau architectural où on a demandé de retrouver la façade qui était l'ancienne façade 'île de beauté' dans les années 1950.

Et il y avait également des contraintes en terme de stationnement et l'idée de retrouver une vie de rue dans la continuité de l'Avenue Gabriel Peri
", précise Paul Tieri, adjoint au maire de Bastia en charge de l'urbanisme. 

La livraison  de l’immeuble est prévue pour février 2020. Mais une condition pour le promoteur : vendre 70% des lots afin de financer les travaux.


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