Crise des déchets : l’ouverture d’un nouveau centre à Tallone fait débat

ILLUSTRATION - Décharge de Tallone / © FTVIASTELLA
ILLUSTRATION - Décharge de Tallone / © FTVIASTELLA

Les déchets menacent de déborder…  Le seuil d’enfouissement autorisé pour cette année est sur le point d’être atteint. L’une des solutions envisagées est l’ouverture d’un troisième centre à Tallone. Mais les opposants sont nombreux.

Par A.P.

A la fin de l’année, la Corse pourrait se retrouver avec 20.000 tonnes de déchets supplémentaires, sans savoir qu’en faire… Mercredi dernier, lors d’une réunion du Syvadec (Syndicat public de valorisation des déchets Corse), responsable du traitement des déchets, les élus alertaient sur la situation : dès fin septembre, le seuil d’enfouissement annuel autorisé de 50 000 tonnes pourrait être atteint.

Pour pallier ce problème, certains envisagent de créer un nouveau centre d’enfouissement à Tallone, qui en compte déjà deux. Ce « Tallone 3 » pourrait accueillir 50 000 tonnes de déchets par an, pendant 3 ans.
Le 8 août dernier, le préfet de Haute-Corse, Gérard Gavory, donnait son aval à la société Staneco pour réaliser ce projet.
 

« On a assez donné »


Mais nombreux sont les opposants à ce projet, comme le maire de la commune et ses habitants.  « On a assez donné, pendant 20 ans, estime François Paoli, un riverain […] Sur la plaine de Tallone on produit 500 kilos de déchets par jour, on ne va pas se récupérer toutes les poubelles de Corse ! »
 

Crise des déchets : l’ouverture d’un nouveau centre à Tallone fait débat
Intervenants : François Paoli, riverain / Colette Castagnoli, association Zeru Frazu / Gérard Gavory, préfet de Haute-Corse. Reportage : François-Albert Bernardi, Pierrick Nannini


L’association environnementale Zeru frazu, dénonce elle, le peu d’efforts entrepris par les grandes communautés d’agglomération pour réduire le tonnage de déchets ultimes, deux ans après le début de la crise en 2015 : « C’est normal que l’on cherche des capacités d’enfouissement. Mais ce n’est pas normal que plus de deux ans après le début de la crise des déchets, où tout le monde aurait dû prendre conscience de trier, on en soit encore à tout enfouir en mélange. », prévient Colette Castagnoli.

Le préfet de Haute-Corse se justifie en expliquant qu’il n’a fait que valider une demande émise par la société: « J’étais dans l’obligation de délivrer cet arrêté, dès lors que la procédure a été respectée et que tous les avis étaient favorables. » En effet, pour l’Etat les conditions d’exploitations sont respectées : tonnage et nuisances olfactives devraient être limités.

Pour la Collectivité territoriale de Corse, Tallone 3 doit rester une solution transitoire et fermer au bout de trois ans.
 

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