Poursuivi pour favoritisme, le président de la FFT plaide la nullité

Poursuivi pour favoritisme, le patron de la FFT Bernard Giudicelli, a plaidé mardi devant le tribunal correctionnel de Bastia la nullité des poursuites. / © C. GIUGLIANO / FTVIASTELLA
Poursuivi pour favoritisme, le patron de la FFT Bernard Giudicelli, a plaidé mardi devant le tribunal correctionnel de Bastia la nullité des poursuites. / © C. GIUGLIANO / FTVIASTELLA

Le président de la Fédération française de tennis (FFT), Bernard Giudicelli, a plaidé mardi devant le tribunal correctionnel de Bastia la nullité des poursuites qui le visent pour favoritisme lors de la construction d'un centre de tennis, alors qu'il présidait la ligue corse.

Par France 3 Corse ViaStella avec AFP

Deux jours seulement après la fin du tournoi de Roland-Garros, Bernard Giudicelli, élu depuis février à la tête de la FFT, s'est présenté devant le tribunal souriant, en costume bleu, aux côtés de Paul Navari, le maître d'oeuvre du chantier, lui aussi appelé à comparaître pour complicité dans ce dossier.

La justice lui reproche un défaut de publicité lors de la construction d'un centre de tennis pour les jeunes à Lucciana, près de Bastia, un marché de 2,8 millions d'euros subventionné à 50% par la Collectivité territoriale de Corse (CTC), la limite à partir de laquelle une mise en concurrence transparente des entreprises doit avoir lieu.

Un entrepreneur s'estimant lésé avait porté plainte, affirmant ne pas avoir eu connaissance du marché. La ligue corse avait fait paraître l'appel d'offre seulement sur son site web et non dans un journal professionnel.

"L'entrepreneur qui ne joue pas au tennis n'avait aucune chance de voir l'annonce!" a relevé le procureur de la République, Nicolas Bessone.

Pas d'obligation de publicité

A l'ouverture du procès, l'avocat de M. Giudicelli a demandé à la présidente du tribunal la nullité de la citation à comparaître, et la nullité des poursuites. Me Bruno Quentin a notamment pointé le montant de la subvention perçue pour la construction, qui était pile de 50% selon lui et non "de plus de 50%", le chantier ne tombait donc pas sous le coup d'une obligation de publicité, a-t-il estimé.

Bernard Giudicelli, qui n'a jamais été condamné, comparaît pour la deuxième fois dans cette affaire, puisqu'il avait déjà été convoqué devant le tribunal correctionnel de Bastia en novembre 2015. Le tribunal avait alors donné raison à son avocat qui soutenait que la convocation de M. Giudicelli était trop imprécise pour lui permettre de préparer sa défense.

"Quand à deux reprises on n'arrive pas à bâtir une citation qui tienne la route (...) peut-être faut-il s'interroger sur la validité des poursuites", a plaidé Me Quentin.

L'affaire a finalement renvoyée au 30 janvier prochain suite à une question prioritaire de constitutionnalité soulevée par la défense de Paul Navari. 

Les conseils se sont inquiétés du statut de M. Navari, qui, d'abord entendu comme témoin, a ensuite été renvoyé devant le tribunal sans avoir l'occasion d'être entendu de nouveau sous un régime plus protecteur, et ont souhaité que cette question soit examinée par la cour de cassation, demande à laquelle a accédée le tribunal. 

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