La pollution atmosphérique réduit l'espérance de vie de plusieurs mois à Strasbourg

A l'âge de 30 ans, chaque Strasbourgeois aurait déjà perdu 5,7 mois d'espérance de vie à cause de la pollution atmosphérique et des particules fines d'après une étude européenne.

Par M.C.


La pollution atmosphérique réduit l'espérance de vie de plusieurs mois à Strasbourg


A l'âge de 30 ans, chaque Strasbourgeois aurait déjà perdu 5,7 mois d'espérance de vie à cause de la pollution atmosphérique et des particules fines. C'est ce qu'indique l'étude européenne Aphekom, ordonné par l’Institut de veille sanitaire (InVS) et mené dans 25 villes de 12 pays européens par plus de 60 scientifiques entre juillet 2008 et mars 2011.

Effets de la pollution atmosphérique urbaine sur la santé en France : publication du rapport sur les 9 villes françaises ayant participé à l’étude Aphekom

Neuf villes françaises ont participé au projet européen Aphekom qui a évalué l’impact sanitaire et économique de la pollution atmosphérique urbaine dans 25 villes européennes. En complément des conclusions du projet rendues publiques en 2011, l’Institut de veille sanitaire (InVS) publie aujourd’hui un rapport spécifique à ces neuf villes françaises. Les résultats montrent que les niveaux de pollution actuellement observés dans ces villes ont un impact important sur la santé des habitants. Ils confirment que les efforts dans la mise en œuvre de politiques publiques d’amélioration de la qualité de l’air doivent être poursuivis.

Impact sanitaire de la pollution atmosphérique urbaine et coûts associés

Les villes françaises participant au projet Aphekom correspondent aux neuf villes intégrées dans le Programme de surveillance air et santé (Psas) de l’InVS. Il s’agit de Bordeaux, Le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rouen, Strasbourg et Toulouse. Réparties dans toute la France, ces villes représentent 12 millions d’habitants, dont 6,5 millions dans la zone de Paris.

La qualité de l’air a été estimée à partir de la mesure des niveaux moyens de particules en suspension (PM2,5 et PM10) et d’ozone pendant la période 2004-2006. L’étude a évalué l’impact sanitaire de la pollution en termes de mortalité et d’hospitalisations. Elle a également estimé les bénéfices économiques potentiels associés.

Toutes les villes étudiées en France présentent des valeurs de particules et d’ozone supérieures aux valeurs guides recommandées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ainsi, pendant la période 2004-2006, le niveau moyen de particules fines (PM2,5) variait de 14 à 20 µg/m3 selon la ville (valeur guide de l’OMS : 10 µg/m3) et la valeur guide journalière de l’ozone (maximum sur 8 heures : 100 µg/m3) avait été dépassée de 81 à 307 fois pendant ces trois années.

Les bénéfices sanitaires et économiques potentiels associés à une amélioration de la qualité de l’air sont tout à fait substantiels :
  • l’espérance de vie à 30 ans pourrait augmenter de 3,6 à 7,5 mois selon la ville, ce qui équivaut à différer près de 3 000 décès par an, si les concentrations moyennes annuelles de PM2,5 respectaient la valeur guide de l'OMS (10 µg/m3). Le bénéfice économique associé est estimé à près de 5 milliards € par an ;
  • près de 360 hospitalisations cardiaques et plus de 630 hospitalisations respiratoires par an dans les neuf villes pourraient être évitées si les concentrations moyennes annuelles de PM10 respectaient la valeur guide de l'OMS (20 µg/m3). Le bénéfice économique associé est estimé à près de 4 millions € par an ;
  • une soixantaine de décès et une soixantaine d’hospitalisations respiratoires par an dans les neuf villes pourraient être évités si la valeur guide de l'OMS pour le maximum journalier d'ozone (100 µg/m3) était respectée. Le bénéfice économique associé est estimé à près de 6 millions € par an. (source communiqué de l'INVS)






 

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25 grandes villes européennes ont été évaluées (image tirée de l'étude Aphekom)

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