La classe politique alsacienne réagit aux votes de l'Assemblée nationale

Le député PS du Bas-Rhin, Philippe Bies / © MaxPPP / Christophe Petit Tesson
Le député PS du Bas-Rhin, Philippe Bies / © MaxPPP / Christophe Petit Tesson

Retour sur de longues heures de débats autour de la fusion des régions. Un calembour douteux, des indignations, un consensus. Et beaucoup de réactions dans la classe politique alsacienne.

Par Baptiste Cogitore (avec AFP)

Depuis mardi soir, les débats ont été durs au sujet de l'avenir de la région Alsace. Finalement, l'Assemblée nationale a voté le maintien de la carte d'une France découpée en 13 régions, dont une grande Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne (ALCA).
Vote de la loi des 13 régions : l'Alsace sera ALCA
Philippe Bies, député PS du Bas-Rhin ; Eric Straumann, député UMP du Haut-Rhin

Les amendements de l'UMP et des écologistes pour conserver une Alsace seule ont été rejetés, tout comme celui du député PS Philippe Bies, qui souhaitait la fusion des deux départements alsaciens au sein de l'ALCA.

A l'occasion des débats, mardi soir, le député alsacien (UMP) Antoine Herth a joué sur les mots : 

«Comment appeler cette région, on entend toutes sortes d'acronymes… Chamallow, Alca. Dans le texte, ça serait actuellement, Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, ce qui donnerait quelque chose comme ‘arschloch'»

Philippe Bies a ensuite réclamé la traduction de ce germanisme. «Je suis un peu outré de l'attitude de nos collègues», a-t-il fait savoir. «Je n'avais pas l'intention de le faire, mais, je voulais faire un rappel au règlement parce que monsieur Herth a raccourci ‘Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne' disant que cela donnait ‘arschloch'», lance-t-il au micro. «Je souhaitais que monsieur Herth traduise devant la représentation nationale.»

Le socialiste Sébastien Denaja lance : «ça veut dire ‘trou du cul'» en allemand et en alsacien. Philippe Bies a poursuivi : 

«Pour un député de la République je trouve que se sont des propos totalement déplacés»






Finalement, un consensus a été trouvé jeudi matin : Strasbourg restera "chef-lieu de sa région", quels qu'en soient les contours. Un geste d'apaisement voulu par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et qui s'inscrit dans la loi, alors que ce choix relève normalement d'un décret.

A la grande satisfaction de Roland Ries : cette avancée "conforte le rôle particulier de Strasbourg" en tant que capitale européenne, siège du Conseil de l'Europe et du Parlement européen, s'est félicité dans un communiqué le maire de Strasbourg, qui précise que la "grande région (...) n'était pas la solution que nous préconisions".

Le président du conseil régional et ancien ministre, Philippe Richert (UMP) s'est dit jeudi soir "très déçu" par le vote de l'Assemblée concernant la carte des régions. Cette fusion à trois régions "est une bêtise" relevant d'un "découpage purement politicien", décidé "en dépit
du bon sens", a-t-il dit à l'AFP.

Idem pour son collègue Jean Rottner, maire (UMP) de Mulhouse qui accueillait mercredi soir Nicolas Sarkozy en meeting, et qui a exprimé sa "colère face à une réforme totalement technocratique et politicienne comme seule la gauche française sait en produire".

Le 27 novembre prochain, la commission mixte paritaire se réunira pour tenter de concilier les positions du Sénat et de l'Assemblée nationale.

En effet, les deux assemblées n'ont pas voté la même carte des nouvelles régions françaises.

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