L'Alsace déjoue, en partie, les pronostics.
Ce second tour des élections législatives, marqué par un contexte politique inédit, l'a encore démontré. La vielle garde alsacienne a résisté à la vague Macron. 

Des résultats à nouveau fragilisés par l'abstention. 40,59% des Alsaciens se sont rendus aux urnes contre 46,63% au premier tour. 

  • Les ténors locaux résistent 

La dernière semaine sur le terrain aura été déterminante.

Les ténors locaux de droite ont tenu bon.
Au premier tour, les quatorze candidats de La République en marche s'étaient qualifiés. De nouveaux visages défiants la vielle garde, lui passant même parfois devant. 

Dimanche, la vague LREM s'est heurtée à un territoire profondément ancré à droite. 

Dans le Haut-Rhin, seule une circonscription tombe. Les reports de voix ont eu raison de LREM. Bruno Fuchs remporte la 6e face au frontiste Sylvain Marcelli. 
Eric Strauman arrive largement en tête avec 66% des voix dans la 1e. Jean-Luc Reitzer repart pour un septième mandat dans la 3e. 
Le benjamin alsacien revient, lui, de très loin. Raphaël Schellenberger réalise un exploit en récoltant 10 478 voix de plus qu'au premier tour. Le député de 27 ans devance Aurélie Tacquard (LREM) de justesse avec 50,88% soit 634 voix d'écart. 


La droite conserve quatre sièges dans le Bas-Rhin.
Christian Gliech, arrivé en tête au premier tour, ne parvient pas à évincer le député sortant Frédéric Reiss (LR) dans la 8e circonscription. Même constat pour Laurent Furst (LR) qui obtient un deuxième mandat avec 62,60% des voix. Le très implanté maire LR de Brumath, Etienne Wolf, perd la 9e face au candidat LREM Vincent Thiébaut. 

  • La débâcle du Parti socialiste 

Le Bas-Rhin perd ses deux députés socialistes. Une première depuis 1981.

Grand chelem strasbourgeois pour La Republique en marche : Eric Elkouby et Philippe Bies sont battus respectivement dans les 1e et 2e circonscriptions bas-rhinoises.

Le député sortant de la 1e circonscription a pourtant doublé ses voix dans l'entre-deux-tours (40,05%). Pas suffisant. Eric Elkouby perd un fief acquis aux socialistes depuis 1997. 
Seul lot de consolation pour Philippe Bies : 6 059 de plus au deuxième tour. Le député sortant obtient 41,47% des voix. 


Ces mois de campagne laissent une fédération socialiste bas-rhinoise profondément divisée. Un défi aussi pour la majorité municipale marquée par le départ du premier adjoint, Alain Fontanel, et l'adjoint, Olivier Bitz, à LREM. 
"Il faut renouveler en profondeur, de la cave au grenier, la structure [du Parti socialiste]. Les orientations existent, il y a des différences", explique le maire de Strasbourg, Roland Ries, qui prône "le respect mutuel" et des "alliances sur des sujets sur lesquels il y a des points d'équilibre qu'on peut trouver ensemble".


Le PS à Strasbourg


  • Une parité alsacienne très limitée 

A contre-courant de la tendance nationale, l'Alsace ne compte qu'une seule femme parmi ses députés.
Cinq femmes s'étaient qualifiées au second tour mais seule Martine Wonner obtient un siège dans la 4e circonscription du Bas-Rhin.
La région fait figure de très mauvaise élève en matière de parité puisqu'elle en comptait deux auparavant : Sophie Rohfritsch, battue par Martine Wonner, et Arlette Grosskost qui a choisi de ne pas se représenter dans le Haut-Rhin. 


Portrait Martine Wonner



  • La défaite des frontistes 

Il n'en restait qu'un à l'issue du premier tour. Le candidat frontiste Sylvain Marcelli échoue face à Bruno Fuchs (LREM). 

Fort des très bon scores de Marine Le Pen à la présidentielle dans la région, le parti espérait confirmer la tendance aux élections législatives. Rendez-vous manqué pour le Front national en Alsace qui progresse par ailleurs au plan national


  • La surprise Unser Land 

2 985 voix seulement séparent le parti régionaliste et le député sortant. 

Gérard Simler ne remporte pas la 5e circonscription du Bas-Rhin mais peut se targuer d'un très bon score pour son parti : 45,86%. L'ancien conseiller général du canton de Marckolsheim gagne 8 975 voix entre les deux tours

Le député sortant Les Républicains, Antoine Herth, conserve son siège après un deuxième tour relativement serré


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