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Championnats de France de natation à Schiltigheim : la désillusion Jordan Pothain

Jérémy Pothain en plein effort lors des Championnats de France / © Patrick Hertzog / AFP
Jérémy Pothain en plein effort lors des Championnats de France / © Patrick Hertzog / AFP

Annoncé comme une des valeurs montantes d'une natation française à la recherche d'un nouveau souffle, Jordan Pothain est passé à côté de sa course de prédilection, le 400 m nage libre, en échouant à plus de deux secondes de la qualification pour les Mondiaux-2017, mardi à Schiltigheim.

Par Danièle Léonard

Finaliste l'été dernier à Rio pour ses premiers jeux Olympiques, le Grenoblois âgé de 23 ans est tombé de haut lors de la première journée des Championnats de France dans le bassin alsacien en ne bouclant son 400 m qu'en 3 min 50 sec 06. Loin du temps qualificatif pour Budapest, fixé à 3 min 47 sec 43.


"C'est une grosse claque que je prends. Pendant la course je pensais être bien en dessous de ça, finalement c'était des sensations faussées. C'est difficile, clairement", a reconnu Pothain.


Un an après des jeux Olympiques au goût amer, ses piliers, Florent Manaudou en tête, se sont presque tous effacés : la natation tricolore
entame sa recomposition aux Championnats de France, jusqu'à dimanche à Schiltigheim, qualificatifs pour les Mondiaux-2017 à Budapest.


Lacourt et Stravius derniers rescapés


Dans le bassin alsacien, plus de trace de champion olympique individuel pour faire office de locomotive, comme la natation française en avait pris l'habitude depuis une douzaine d'années. Les JO-2016 dans le rétroviseur, Manaudou, qui a quitté Rio avec deux médailles d'argent (50 m libre et 4x100 m libre), s'est tourné vers le handball pour s'oxygéner, au moins temporairement. Yannick Agnel, sacré champion olympique du 200 m libre en 2012, et Fabien Gilot, homme fort du relais 4x100 m, ont eux mis un point final à leur carrière.

De cette génération dorée, le trentenaire Camille Lacourt, et celui avec lequel il a partagé le titre mondial du 100 m dos en 2011, Jérémy Stravius (28 ans), sont les seuls qui n'ont pas été emportés par la vague de départs.

A 32 ans, Lacourt s'est lancé un dernier défi : le 50 m dos des Mondiaux-2017 (23-30 juillet) dans la capitale hongroise, distance dont il est double tenant du titre. Le pari n'est pas gagné d'avance. Le quadruple champion du monde, qui prépare sa reconversion, passe depuis le début de l'année la majeure partie de son temps à Paris, loin des bassins marseillais, et ne cache pas sa difficulté à concilier entraînement et occupations nouvelles.

Pour Stravius, la course contre-la-montre est d'une autre nature. Une fracture du poignet fin 2016 a retardé sa préparation. L'Amiénois, qui vise à se qualifier pour Budapest sur 50 m dos - comme Lacourt - et 100 m libre, n'a eu qu'une compétition,
il y a un mois dans sa ville, pour prendre ses marques avant le rendez-vous couperet de Schiltigheim, heureusement pour lui nettement plus tardif qu'à l'accoutumée.

La nouvelle vague en première ligne


Tous ne sont pas nécessairement de nouveaux visages, mais maintenant que les têtes d'affiche sont retraitées, ils sortent de l'ombre de leurs aînés et sont désormais attendus pour devenir les nouveaux leaders de l'équipe de France au fil de l'olympiade qui les mènera jusqu'à Tokyo en 2020. Jordan Pothain est de ceux-là.

Les sprinters marseillais Mehdy Metella et Clément Mignon, 24 ans tous les deux, se mesureront sur le 100 m libre vendredi, avec Stravius en arbitre. Ou encore à Damien Joly (24 ans), finaliste olympique du 1500 m à Rio.

Côté féminin, le premier rôle est promis à la Niçoise Charlotte Bonnet (22 ans), déjà médaillée de bronze olympique avec le relais 4x200 m libre à Londres en 2012. Elle brigue une qualification pour les Mondiaux-2017 sur 100 m et 200 m libre.

Les critères sinon rien


Valeurs montantes ou cadres, pour être du voyage à Budapest, les règles du jeu sont claires : prendre une des deux premières places de la finale, tout en y nageant le temps fixé par la Fédération (FFN).

Nommé directeur technique national par intérim mi-avril, Laurent Guivarc'h, qui a succédé à Jacques Favre, ne compte par transiger : "Les critères, je ne les ai pas déterminés (il n'était pas encore en poste, ndlr), par contre je ne les quitterai pas, c'est clair. (...) Je m'y tiendrai", a-t-il affirmé à l'AFP. Ce qui laisse augurer d'une délégation resserrée, contrairement à la sélection élargie qui avait été retenue pour les JO-2016, non sans faire polémique sur son bien-fondé.

Si le renouvellement est attendu dans les bassins cette semaine, il est déjà à l'oeuvre dans les couloirs de la FFN. Occupé pendant près d'un quart de siècle par Francis Luyce, le fauteuil de président a changé de locataire début avril : c'est le Niçois Gilles Sezionale qui s'y est installé. En coulisses aussi, une page se tourne.

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